Bruno Bazire, architecte varois et artisan de la transition écologique installé à Mons, en Pays de Fayence, livre ses conseils pour faire baisser la température des logements face à la canicule. Interrogé alors qu'il participait aux rencontres régionales de la terre crue aux Arcs, il vante les mérites de ce matériau comme alternative au béton.
La terre crue, un matériau aux multiples avantages
« Elle a un bilan carbone très faible car on la prélève sur le terrain de la construction ou juste à côté et elle est réutilisable », s'enthousiasme Bruno Bazire. Selon lui, la terre crue absorbe l'humidité et la restitue en période sèche. « Sous canicule et si le bâtiment a été bien protégé du rayonnement puis aéré, les murs vont stocker la fraîcheur de la nuit et la restituer en journée. Ils diffusent une énergie plus fraîche. »
Ce matériau peut être combiné avec des ressources locales comme la canne de Provence et la paille de riz de Camargue, disponibles en panneaux semi-rigides. Le chanvre est également recommandé : « Il nécessite très peu d’eau pour pousser et on peut le projeter comme isolant sur une ossature bois. » Des membres de l'association EcoBatissonS, fondée en 2010 par Bruno Bazire pour fédérer les acteurs de l'écoconstruction régionale, produisent eux-mêmes du chanvre.
L'isolation extérieure, solution clé contre la chaleur
Pour ceux qui cherchent à rafraîchir leur logement immédiatement, Bruno Bazire insiste sur l'isolation extérieure. Il préconise également la végétation (arbres, treilles) pour protéger du rayonnement direct, l'installation de stores, de voiles d'ombrage, de films réfléchissants sur les fenêtres, ou encore de panneaux de bois dans l'embrasure des fenêtres. « On peut même coller avec un peu d’eau une couverture de survie sur une vitre ! Mais le plus efficace, c’est une casquette ou une avancée de toiture qui protège les murs. Ça ralentit le transfert des calories. »
À l'inverse, il dénonce les façades en béton banché : « C’est de la folie ! C’est dramatique car on propose des biens sur 50, 60, 70 ans à des gens qui vont vivre dans une fournaise. Il faudrait que les documents d’urbanisme intègrent le fait que les entreprises et les particuliers doivent aménager des protections contre la chaleur. »
Les limites de la climatisation
Si l'orientation du logement limite les actions possibles, l'architecte recommande la ventilation, avec une préférence pour le ventilateur de plafond qui fait baisser la température « de 3 à 4 degrés ». Concernant la climatisation, il met en garde : « Un climatiseur ne fonctionne efficacement que s’il est programmé pour fonctionner à 5 degrés en dessous de la température extérieure. Sinon, il va consommer énormément d’énergie et contribuer à augmenter les îlots chaleur. »



