L'écologisme municipal face à ses perspectives après la vague verte de 2020
Simon Persico, politiste reconnu et directeur de Sciences Po Grenoble, apporte un éclairage précieux sur l'évolution du mouvement écologiste dans le paysage politique français. En tant que membre influent du conseil de surveillance de la Fondation de l'écologie politique, il a coécrit avec le politiste Florent Gougou une note analytique intitulée « Vers un écologisme municipal ? Promesses de campagne et action politique des mairies vertes en France », publiée en 2023 par cette fondation.
La percée historique des écologistes aux élections municipales de 2020
Europe Écologie-Les Verts, rebaptisé Les Écologistes en 2023, a réalisé une avancée spectaculaire lors des scrutins municipaux de 2020, marquant ce que les observateurs ont qualifié de « vague verte » sans précédent. Cette réussite exceptionnelle, rare à l'échelle européenne pour un parti écologiste, a principalement résulté de victoires remportées face à des maires sortants de droite, grâce à des alliances de gauche aux configurations variables.
Les écologistes ont conquis six villes majeures de plus de 100 000 habitants, dont Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Tours, Besançon et Annecy. Grenoble, déjà dirigée par Éric Piolle depuis 2014, a confirmé son ancrage vert avec sa réélection. Parallèlement, le mouvement a intégré ou réintégré les majorités municipales dans une dizaine d'autres grandes villes, notamment Paris, Marseille, Montpellier, Rouen, Rennes, Brest dans le Finistère, Nancy et Nantes.
Les défis et opportunités pour les municipales de 2026
Six ans après cette vague verte, la question centrale qui se pose est celle des perspectives pour les prochaines élections municipales prévues les 15 et 22 mars 2026. Simon Persico et Florent Gougou analysent dans leur note comment les promesses de campagne des mairies vertes se sont traduites en actions politiques concrètes, et quels enseignements peuvent en être tirés pour l'avenir.
L'écologisme municipal, tel qu'étudié par ces chercheurs, doit désormais faire face à plusieurs défis : la pérennisation des politiques environnementales locales, l'élargissement de leur base électorale au-delà des alliances de gauche, et la démonstration de résultats tangibles en matière de transition écologique. Les auteurs soulignent que la crédibilité des écologistes lors des prochaines élections dépendra largement de leur capacité à transformer les engagements de 2020 en réalisations visibles pour les citoyens.
La note met également en lumière les spécificités du modèle français d'écologisme municipal, qui combine souvent approches progressistes et pragmatiques locales, tout en interrogeant sa reproductibilité dans d'autres contextes urbains. Les perspectives pour 2026 semblent ainsi conditionnées par un équilibre délicat entre radicalité écologique et gouvernabilité municipale.



