Face à des étés de plus en plus chauds, les communes du Golfe de Saint-Tropez multiplient les chantiers dans leurs écoles pour les transformer en « oasis » de fraîcheur. Désimperméabilisation des cours, végétalisation, installation de climatiseurs, isolation thermique : un tour d'horizon des initiatives menées ou planifiées par les douze communes du territoire.
Des travaux de rafraîchissement dans tout le Golfe
À Cogolin, l'été 2026 a été consacré à des travaux de maintenance, avec la pose de sols souples dans la salle de motricité de l'école Fontvieille, le rafraîchissement de la façade au Rialet, l'entretien des espaces verts et l'installation d'un revêtement en copeau de bois autour des arbres à Pisan. Le plus gros aménagement concerne l'installation d'une dizaine de climatiseurs à l'école Chabaud. « Toutes les classes ont été équipées d'équipements mobiles. Ils sont moins bruyants et plus performants », précise le directeur des services techniques.
À Saint-Tropez, la politique de transition énergétique se poursuit. Après la désimperméabilisation et la végétalisation de la cour des Lauriers en 2025, la commune a installé une fontaine et une cabane à livre dans cette cour-jardin. À l'école de l'Escouleto, des films solaires ont été posés autour des fenêtres de trois classes.
Ramatuelle, pionnière du modèle « école oasis »
L'établissement Gérard-Philipe de Ramatuelle est l'un des premiers du Golfe à avoir adopté le modèle des « écoles oasis ». Depuis 2021, la commune mène un programme de transformation complet : végétalisation des façades, rénovation énergétique du bâtiment et intégration d'une centrale photovoltaïque de 298 m². L'objectif est d'offrir aux élèves un cadre d'apprentissage optimal avec des salles isolées, mieux ventilées, et une cour de récréation désimperméabilisée et plus verte, réaménagée avec un jardin pédagogique. Selon le cabinet du maire, ce jardin vise à « sensibiliser les enfants à la nature, au vivant et à la biodiversité, tout en offrant de nouveaux supports aux projets éducatifs ».
À La Garde-Freinet, un an après sa grande rénovation écoresponsable, l'école a montré ses limites : la température est montée jusqu'à 32 degrés dans les classes à l'étage. « On a encore quelques degrés à gagner en optimisant l'aération des salles pendant les heures froides mais ça ne peut pas suffire », reconnaît l'édile. Une demande de devis pour installer des climatiseurs à l'étage a été lancée pour le printemps 2027. Il est aussi prévu de couvrir les portes vitrées avec des panneaux en bois et de poser un sol souple dans la cour des maternelles.
Des projets ambitieux à Plan-de-la-Tour, Cavalaire et Grimaud
Au Plan-de-la-Tour, la cour de l'école primaire Marcel-Aumeran est la priorité. Les travaux ont commencé à l'été 2026 avec la construction d'un mur de 80 mètres, le long duquel une haie végétale apportera ombre et brise-vue. Après son inauguration prévue à la Toussaint 2026, un « gros projet de renaturation aura lieu en deux phases, à l'été 2027 puis en 2028 », annonce le maire Alexandre Latil. Plantations, remplacement du bitume par un sol souple, retrait des grillages, construction d'un préau : environ 250 000 euros ont été budgétés. « Les salles de classe sont déjà climatisées et le bâtiment est l'un des mieux isolés du village », assure l'édile.
À Cavalaire, le cabinet du maire souligne : « Nous avons la chance d'avoir nos petites écoles climatisées. En revanche, l'an prochain, nous allons effectuer des travaux issus du projet politique : avec une végétalisation des espaces au centre de loisirs et aux écoles selon le principe des cours oasis ». La création d'« espaces abrités, qui manquent », tels que des pergolas bioclimatiques, est également prévue, avec le choix d'essences résistantes aux fortes chaleurs.
À Grimaud, les sols des cours de récréation ont été transformés avec un revêtement qui absorbe l'eau et des arbres supplémentaires ont été plantés. Les huisseries ont été remplacées pour limiter la déperdition de chaleur. Les Migraniers sont labellisés école en démarche de développement durable (E3D) depuis 2023. Les élèves seront sensibilisés au respect de l'environnement par le jardinage et aux économies d'eau et d'électricité.
D'autres communes s'engagent dans la durée
À La Mole, toute l'école est climatisée, un bon point souligné par le 1er adjoint Charles Manzoni. L'actuel préau doit être remplacé par un espace couvert plus vaste, de 50 à 70 m², sous forme de cloche. Un effort est aussi porté sur la végétalisation de la cour, avec une enveloppe de 40 à 60 000 euros prévue au prochain budget.
Sainte-Maxime, engagée depuis 2017 dans la réduction de sa consommation énergétique, poursuit un plan 2023-2028 dédié aux trois groupes scolaires et aux deux crèches, avec un budget de plus de 2 millions d'euros. Toutes les classes sont déjà climatisées. Le programme se poursuit en 2027 avec des travaux estimés à 1 350 000 euros. Cet été, les établissements ont bénéficié d'un coup de fraîcheur pour un total de 104 000 euros.
Gassin, avec des climatiseurs installés depuis l'automne dernier, prépare son prochain grand investissement : la crèche et le centre de loisirs Caruby, annoncé comme le « projet phare de cette mandature », sera construit avec des matériaux naturels : bois, béton végétal de chaux et chanvre, pierre naturelle. Enfin, La Croix-Valmer mène un audit énergétique pour établir une « feuille de route », avec une priorité sur la régulation thermique et l'amélioration du confort d'été, avant une bascule vers les énergies renouvelables solaires. La municipalité entend aussi améliorer les extérieurs avec des sols absorbants et des cours végétalisées.



