Cohn-Bendit : les présidentiables avancent comme des somnambules
Cohn-Bendit : présidentiables comme somnambules

Dans une interview au Point, Daniel Cohn-Bendit a vivement critiqué les candidats à l'élection présidentielle, les accusant d'avancer « comme des somnambules » face aux défis écologiques et démocratiques. L'ancien député européen, figure historique de l'écologie politique, estime que la classe politique actuelle est « déconnectée des urgences » et qu'elle « ne prend pas la mesure de la crise ».

Un constat alarmant sur l'état de la démocratie

Cohn-Bendit, qui fut l'un des leaders de Mai 68 et cofondateur des Verts allemands, déplore un « affaissement général de la pensée politique ». Selon lui, les présidentiables « se contentent de gérer l'instant » sans proposer de « projet de société » capable de répondre aux bouleversements en cours. Il pointe notamment leur « incapacité à penser le long terme » dans un contexte de dérèglement climatique et de montée des inégalités.

L'écologiste, âgé de 76 ans, n'épargne pas non plus son propre camp, qu'il juge « trop timoré » sur les questions de transition écologique. Il appelle à « une radicalité nouvelle » qui ne se limiterait pas à des « mesures cosmétiques ».

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Une critique acerbe des personnalités politiques

Interrogé sur les principaux candidats, Cohn-Bendit a refusé de nommer explicitement, mais a évoqué « un paysage politique d'une tristesse absolue ». Il a notamment fustigé « l'entre-soi » des états-majors et « la course aux sondages » qui empêche toute « audace ».

Il a également exprimé sa crainte d'une « banalisation de l'extrême droite », appelant à « un front républicain élargi » pour les prochaines échéances. « Nous sommes à un tournant historique, et je ne vois personne à la hauteur », a-t-il insisté.

Un appel à la mobilisation citoyenne

Pour Cohn-Bendit, la solution viendra « de la société civile » plutôt que des partis traditionnels. Il salue les initiatives locales et les mouvements citoyens, qui « portent une exigence de transformation » que les politiques ignorent. « Il faut que les gens se réapproprient la politique », a-t-il plaidé, appelant à une « désobéissance civique » face aux « compromis douteux ».

L'ancien élu, qui a quitté la vie politique active en 2014, continue de suivre de près l'actualité. Il a confié au Point son « inquiétude » face à la montée des populismes en Europe, mais aussi son « espoir » dans les jeunes générations.

Une analyse qui fait écho aux préoccupations des Français

Cette sortie intervient alors que plusieurs sondages montrent une forte défiance des citoyens envers la classe politique. Selon un baromètre récent, 72 % des Français estiment que les responsables politiques ne sont pas à l'écoute de leurs préoccupations. Ces chiffres confortent le diagnostic de Cohn-Bendit sur « une crise de représentation ».

L'écologiste a conclu en appelant à « un sursaut démocratique » et à « une refondation des institutions » pour redonner confiance. « Nous avons besoin de politiques qui assument leurs responsabilités, pas de somnambules », a-t-il lancé.

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