Les ours bruns sont qualifiés de « superprédateurs » par la Roumanie et la Slovaquie, qui estiment qu'ils menacent les humains et le bétail. À l'initiative de ces deux États, cinq pays européens ont lancé une offensive lundi pour réduire la protection des ours bruns en Europe. Ce sujet sera discuté en fin d'après-midi lors d'une réunion des ministres de l'Agriculture à Luxembourg.
Une gestion « urgente » réclamée
« L'espèce nécessite une gestion efficace et urgente », estiment la Roumanie et la Slovaquie dans un document soutenu par la Croatie, la République tchèque et la Finlande. Ces pays s'appuient sur l'exemple du loup, dont la protection a été assouplie en 2025 dans l'Union européenne, passant d'espèce « strictement protégée » à « protégée », ce qui facilite les possibilités d'abattage. Ils réclament une « approche similaire » pour les ours bruns, afin de « garantir un niveau raisonnable et équilibré de risque social et économique ».
Des pertes de bétail et des menaces humaines
« C'est très important pour la Finlande, car notre population d'ours atteint près de 2.600 individus. À l'heure actuelle, cela représente aussi une menace pour les humains. Nous devons recourir à la chasse préventive », a plaidé la ministre finlandaise de l'Agriculture Sari Essayah, à son arrivée à Luxembourg.
La Roumanie estime sa population d'ours à environ 11.500 individus et affirme que les attaques de l'animal ont causé la mort de 14 personnes et fait plus de 150 blessés graves au cours des cinq dernières années. Avec une population d'environ 2.500 ours, la Slovaquie mentionne quant à elle 4 décès et 64 blessés graves en cinq ans. Le secteur agricole est « durement touché », assurent ces États, en insistant sur les pertes de bétail liées aux attaques d'ours.
Une « boîte de Pandore » redoutée par les ONG
Ces cinq pays ne parviendront pas à changer le statut de protection de l'ours à eux seuls. Mais ils espéraient profiter de la réunion ministérielle pour convaincre d'autres États. La France n'a quant à elle pas l'intention de prendre position sur ce dossier inflammable, objet de divergences entre ses différents ministères.
Les organisations environnementales mettent régulièrement en garde contre une remise en cause de la protection des ours. Lors de l'assouplissement de la protection du loup, une série d'ONG redoutaient que cette décision ouvre une « boîte de Pandore » et incite les États européens à diminuer la protection d'autres espèces, comme le lynx, le cormoran ou l'ours.
Fin mai, une dizaine de pays de l'UE, dont la République tchèque, la Pologne ou la Suède, avaient réclamé de limiter la population de grands cormorans, accusés de manger trop de poissons aux dépens des pêcheurs.



