L'Ademe dans le viseur du gouvernement ?
Après les menaces de suppression de l'Agence bio, l'Agence de la Transition écologique (Ademe) est à son tour en danger. Visée par un projet de loi divulgué par Contexte le 16 avril dernier, dans lequel il est proposé que ses directions régionales soient placées sous l'autorité des préfets, l'agence environnementale se démène pour sortir indemne de cette séquence.
Une mobilisation sans précédent
Après une mobilisation sans précédent des six organisations syndicales du Comité social d'administration ministériel de l'Ademe, le 28 avril dernier, à travers une déclaration commune dénonçant « un dispositif qui détruit l'Ademe sans le dire », plus de 250 ONG et personnalités de la société civile sont montées au front. Dans une tribune publiée hier dans le Nouvel Obs, elles alertent sur une possible « extinction » de l'agence environnementale en raison du projet de réorganisation orchestré par l'État.
Une « politique écologique ambitieuse » en danger
« De telles dispositions signifient l'extinction, au bout de quelques années, de l'Agence de la Transition écologique et de tous les projets qui existent ou se lancent avec elle », estiment les signataires, dont l'ancienne ministre Cécile Duflot, le réalisateur et militant Cyril Dion, ainsi que plusieurs responsables d'ONG comme France Nature environnement, WWF France ou ATD-Quart Monde. « De quoi se demander comment l'Ademe, une fois privée du bras opérationnel que constitue son réseau régional, pourra concrètement réaliser les missions qui lui sont assignées ? », poursuivent-ils, saluant également l'« expertise scientifique » et l'« ancrage territorial » de l'Agence et son action en faveur d'une « politique écologique ambitieuse ».
Le gouvernement se défend
Le gouvernement assure, de son côté, qu'il est « hors de question de supprimer l'Ademe », selon les propos de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, lors d'une audition parlementaire le 15 avril. « Nous considérons que l'Ademe doit agir plus clairement au sein du giron de l'État. L'objectif est d'améliorer les synergies et la fluidité des relations de travail entre l'Ademe et les services déconcentrés de l'État, tout en conservant l'intégrité et l'identité de l'opérateur », a-t-elle répété hier devant l'Assemblée nationale.
Des inquiétudes persistantes
Mais les inquiétudes ne sont pas près de s'éteindre. L'Ademe, comme d'autres agences gouvernementales, fait l'objet depuis plusieurs mois d'attaques virulentes de certains responsables politiques de droite et d'extrême droite appelant à sa suppression et jugeant notamment son fonctionnement trop coûteux. « Pourquoi mettre à mal un modèle efficace, ancré dans les territoires et peu coûteux ? », questionnent pourtant les signataires de la tribune, qui rappellent que l'Inspection générale des Finances, « à l'issue d'une mission approfondie au printemps 2024, n'a formulé aucune critique structurelle du modèle de l'Agence ».



