10 pistes concrètes pour le climat et la biodiversité face aux tensions géopolitiques
10 idées pour agir sur le climat et la biodiversité

10 pistes concrètes pour le climat et la biodiversité face aux tensions géopolitiques

Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de recul de l'action internationale pour le climat, 10 expertes et experts invités par le podcast Chaleur humaine du Monde ont présenté des solutions pratiques lors du Festival des idées au Théâtre de la Ville à Paris. Leurs propositions visent à agir concrètement face au changement climatique et à l'effondrement de la biodiversité, malgré les vents contraires actuels.

Taxer l'aérien avec les pays courageux

La diplomate Laurence Tubiana, architecte des accords de Paris en 2015, propose une approche différente : rassembler les pays volontaires pour agir concrètement. Son idée : une taxe sur les billets d'avion des plus fortunés (classe affaires, première, jets privés). Elle rappelle que l'aérien échappe à toute taxation internationale et que seulement 1% de la population mondiale serait concernée. Neuf pays se sont déjà engagés à mettre en place une telle taxe lors de la COP30 à Belem.

Faire de la route un transport en commun

Diane Strauss, directrice France de Transport & Environment, propose d'utiliser les routes existantes pour créer un nouveau réseau de transports en commun. Sur les axes denses, des cars express confortables et peu chers passeraient toutes les quinze minutes en heure de pointe, doublés par des lignes de covoiturage express. Sur les routes moins fréquentées, des lignes de covoiturage rémunérées seraient développées. Cette solution permettrait un déploiement rapide comparé aux lignes de train.

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Créer un fonds souverain pour les énergies renouvelables

L'économiste Lucas Chancel plaide pour un fonds souverain européen pour développer massivement les énergies renouvelables. Il estime le manque d'investissement à 400 milliards d'euros par an. Ce fonds, inspiré du modèle norvégien, pourrait être financé par les épargnes européennes actuellement investies aux États-Unis et par des taxes sur les profits pétroliers et les hauts patrimoines.

Sortir des pesticides en cinq ans

Le biologiste Vincent Bretagnolle propose un plan de sortie des pesticides de synthèse en cinq ans, durée nécessaire pour une transition agricole réussie. Il souligne que les pesticides posent des problèmes de santé humaine et de biodiversité, et que la plupart des agriculteurs conventionnels peuvent fortement les réduire, même si cela implique une baisse des rendements de blé destiné à l'alimentation animale.

Planifier l'adaptation collectivement

La géographe Magali Reghezza défend un big bang institutionnel pour préparer la France aux conséquences du réchauffement climatique. Elle propose des conférences sur l'adaptation dans tous les domaines (école, hôpital, travail, industrie) avec des négociations sociales entre patronat, syndicats et société civile. S'adapter au changement climatique relève d'une bascule civilisationnelle selon elle.

Instaurer une taxe sur la consommation ostentatoire

La chercheuse Mélusine Boon-Falleur propose un prélèvement obligatoire sur la consommation ostentatoire (jets privés, méga-yachts, grandes maisons). Au-delà d'un seuil démocratiquement fixé, ces biens seraient taxés. Elle rappelle que des lois somptuaires existaient déjà dans l'Empire romain pour limiter le gaspillage des ressources.

Réduire plus encore le temps de travail

La philosophe Céline Marty défend la semaine de vingt-huit heures sans réduction de revenus pour réduire la production de biens et services émetteurs de gaz à effet de serre. Elle souligne que la réduction du temps de travail améliore la qualité de vie des classes populaires et libère du temps écologique pour prendre soin de soi et des autres.

Intégrer le vivant à la prise de décision

L'ingénieur forestier Laurent Tillon propose de s'inspirer de la tradition iroquoise où un membre incarne le loup lors des décisions importantes. Intégrer systématiquement la biodiversité dans les décisions d'aménagement permettrait de préserver des écosystèmes en bon état pour demain.

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Multiplier les aires marines protégées

L'océanographe François Sarano vante les bénéfices des aires marines protégées strictes, comme celles de Port-Cros et Cerbère-Banyuls vieilles de plus de cinquante ans. Sans pêche ni extraction, la biodiversité marine revient rapidement à des niveaux foisonnants et ces écosystèmes sont plus robustes face au changement climatique.

Créer un conseil des générations futures

La climatologue Valérie Masson-Delmotte réclame que chaque décision politique soit évaluée sous l'angle de son impact sur la vie future des enfants d'aujourd'hui. Prendre en compte les générations futures permettrait de surmonter les émotions paralysantes et de libérer nos capacités d'action face à l'urgence climatique.