Traque du cobra à Castelginest : une peur contagieuse mais raisonnable
Traque du cobra à Castelginest : peur raisonnable

À Castelginest, en banlieue toulousaine, la traque du cobra observé en début de semaine se poursuit. La peur ressentie par les habitants, bien que contagieuse, reste raisonnable. On sursaute au moindre mouvement suspect et on regarde ses pieds plutôt que son smartphone pour éviter une rencontre inattendue. Trois jours après l'alerte, une peur raisonnablement contagieuse s'est emparée d'une grande partie des 11 000 habitants.

Un cobra à lunettes insaisissable

À la frontière de l'agglomération toulousaine, là où les zones commerciales côtoient encore les champs, un cobra à lunettes, l'un des plus dangereux de son espèce, serait embusqué. Les gendarmes cherchent l'origine de son apparition, authentifiée par une photo. Herpétologues et pompiers de l'unité RAN (Risque Animalier) poursuivaient vendredi une traque complexe, armés de drones, de pièges et de pinces pour fouiller les recoins du quartier pavillonnaire de Grande-Rivière.

Rassurer la population

Anne-Marie, retraitée vivant en première ligne face à la jachère où le reptile a été observé, s'interdit de céder à la peur, mais attendra avant de jardiner. Sa voisine ne sort plus le chien. Dorian Blayac, fondateur de l'association SOS Reptiles, appelé par les autorités, rassure : « Le cobra voit d'abord en l'homme un prédateur et ne va pas vous sauter à la gorge. » Il précise que la fraîcheur passagère (15 degrés) a plongé le serpent dans une léthargie, mais pourrait l'avoir contraint à se mettre au chaud. « Poulailler ou cabane de jardin, il faut rester prudent, surtout au crépuscule, car le cobra est nocturne. »

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Fermetures préventives

Le maire, en coordination avec la préfecture, a fermé parcs, jardins, cimetière, écoles et même le cinéma. Joël, un habitant, jure ne pas craindre la menace : « Je fais gaffe près des champs, mais avec toutes les voitures, le cobra ne s'aventurera pas sur la place du village. En revanche, près de l'école qui borde la zone à risque, il faudrait empêcher les élèves d'aller en récréation. » Sur la porte du cinéma, un appel à la plus grande vigilance est affiché.

Jeunesse insouciante

Malgré les chemins bouclés, des collégiens ont été vus traversant les hautes herbes en bandes, promettant de retrouver la bête. Dorian Blayac s'agace : « Seules les personnes habilitées doivent poursuivre ce jeu de piste dangereux. Il est primordial d'encourager les témoins à prendre l'animal en photo, sans se mettre en danger, pour éviter toute confusion avec les serpents locaux. »

Préparation médicale

L'agence régionale de santé a briefé le Samu, les urgences du CHU et les cliniques sur le protocole en cas de morsure. Les médecins de l'agglomération toulousaine ont reçu une alerte. Patricia et Joël sont convaincus que le centre-ville est à l'abri : « Avec toutes les voitures, le cobra serait suicidaire de traverser la route. »

Précédent inquiétant

À Castelginest, les gendarmes se souviennent qu'en automne 2019, un caïman avait été capturé dans la rivière l'Hers. Françoise Serre-Collet, herpétologue renommée, dénonce la terrariophilie de masse : « Souvent, les serpents sont maintenus dans des conditions épouvantables, propices à l'évasion, ou relâchés dans la nature. » Certains habitants s'en remettent au ciel, espérant que les buses aperçues vendredi soir auront la peau du serpent.

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