Sophia Antipolis explore le dessalement pour renforcer la résilience hydrique
La communauté d'agglomération Sophia Antipolis (Casa) vient de lancer une étude approfondie sur la dessalinisation de l'eau, une initiative stratégique visant à mieux protéger et gérer cette ressource précieuse. Cette démarche intervient après qu'un rapport gouvernemental a ouvert de nouvelles perspectives pour cette technologie, longtemps considérée comme énergivore et coûteuse.
Un contexte de pression croissante sur la ressource en eau
À Antibes et au sein de la Casa, la question de l'eau est au cœur des préoccupations depuis des années. La collectivité, présidée par le maire d'Antibes Jean Leonetti, rappelle qu'elle agit dans un contexte de stress hydrique grandissant, exacerbé par les effets du changement climatique et la variabilité des précipitations. Sécuriser l'eau constitue ainsi un enjeu stratégique majeur pour le territoire.
La Casa se positionne comme un pionnier en matière de préservation de l'eau. Elle a déjà obtenu la classe A pour la réutilisation des eaux usées (Reut) fin 2024, la meilleure note selon les normes européennes, et a installé une station de lavage au port Vauban utilisant de l'eau dessalinisée. Hugues Moutouh, ancien préfet des Alpes-Maritimes, avait d'ailleurs affirmé qu'Antibes était la ville de France la plus en pointe dans la Reut.
Une étude pour évaluer les possibilités de dessalement
L'étude lancée par la Casa s'inscrit dans une logique d'anticipation et vise à renforcer la résilience du territoire, notamment face aux tensions saisonnières. Elle doit permettre d'explorer des solutions complémentaires adaptées aux spécificités locales, en complément des autres leviers de gestion de la ressource, comme l'amélioration des rendements des réseaux, la promotion de la sobriété des usages et le développement des ressources alternatives via la Reut.
Le rapport de l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable, rendu l'été dernier, a joué un rôle clé en indiquant que le recours au dessalement pourrait se développer en France dans les prochaines décennies, voire dans les prochaines années. Ce document met en lumière à la fois les atouts et les limites de cette technologie, soulignant la nécessité de conduire des analyses territorialisées pour en évaluer précisément les conditions de mobilisation.
Une technologie en évolution et des défis à relever
Si la technologie du dessalement évolue, la Casa reste prudente et ne tire pas de conclusions hâtives. L'étude doit aborder les bénéfices et les contraintes de ce procédé, en restant cohérente avec les politiques publiques de gestion quantitative de l'eau. Une question épineuse sera également examinée : celle de l'eau potable, qui reste un défi économique majeur dans le contexte actuel.
En somme, cette initiative illustre la volonté de la Casa de déployer une stratégie globale d'adaptation et de résilience pour préserver une ressource de plus en plus précieuse, tout en répondant aux défis posés par le changement climatique et la croissance démographique.



