Le Syndicat de la source d'Entraigues, qui approvisionne en eau neuf communes du Var, poursuit ses investissements pour sécuriser la ressource. À la veille de l'inauguration de sa nouvelle usine de production, le directeur Gilles Maingon fait le point sur les projets en cours.
Une nouvelle canalisation pour Varécopôle
En avril, le syndicat a passé un marché public pour construire une canalisation de 300 mm de diamètre sur 450 mètres linéaires, reliant le réseau existant au futur réservoir du Cannet-des-Maures. Ce réservoir, construit par la commune, alimentera la future zone d'activité économique Varécopôle, portée par la communauté de communes Cœur du Var, située près de l'échangeur entre les autoroutes A8 et A57 et la Nationale 7.
Cette portion s'ajoute aux 72 kilomètres de canalisations gérées par le syndicat, avec l'aide du délégataire Veolia. Le système est simple : l'eau est extraite via trois forages, stockée dans un réservoir, puis envoyée vers les réservoirs communaux selon les besoins.
Un réseau fiable pour neuf communes
Le syndicat alimente Lorgues et Saint-Antonin au nord, ainsi que Le Cannet-des-Maures, Le Luc, Les Mayons, Le Thoronet, Gonfaron et La Garde-Freinet à l'ouest. Chaque commune ou agglomération gère ensuite la distribution via son délégataire ou sa régie. « Nous sommes capables d'apporter 93 % des besoins des neuf communes », précise Gilles Maingon.
Une nouvelle usine après les crues de 2018
En 2018, la crue de l'Argens a ravagé le pont d'accès à l'ancienne usine et certaines canalisations, provoquant des effondrements de terrains. Il a fallu intervenir d'urgence. Une nouvelle usine a été construite sur l'autre rive, au Cannet-des-Maures, avec un passage sous l'Argens pour 750 000 euros, initialement pour raccorder l'ancienne usine au réseau, et désormais utilisé en sens inverse.
Les forages pour la future usine ont coûté un million d'euros, subventionnés en grande partie par l'Agence de l'eau Méditerranée Rhône-Alpes. L'usine elle-même représente un investissement de 2,7 millions d'euros hors taxe, subventionné à 70 %. Elle couvrira 100 % des besoins des neuf communes membres, avec la possibilité d'ajouter des pompes pour alimenter Vidauban si nécessaire.
Un rôle crucial lors des sécheresses
Lors des sécheresses de 2021 et 2022, le syndicat a fourni 93 % des besoins de toutes les communes, évitant une situation catastrophique. « Sans eau, nous n'avons pas le droit à l'erreur », insiste le directeur.
Des projets d'avenir
Le syndicat prévoit le remplacement progressif des canalisations posées dans les années 1960-1970, arrivant en fin de vie (60 ans). Par ailleurs, un hydrogéologue étudie l'alimentation de la source d'Entraigues pour mieux sécuriser la ressource à long terme.



