Réactivation d'un ancien lit majeur pour lutter contre les inondations à Castelnau
Ancien lit majeur réactivé contre les inondations à Castelnau

Une solution naturelle pour réduire les risques d'inondations à Castelnau

Face aux risques récurrents de crues, une étude archéogéographique présentée aux élus locaux propose une solution innovante : la réactivation d'un ancien lit majeur du ruisseau du Pas du Luc. Cette initiative pourrait créer une zone d'expansion des eaux, limitant ainsi les inondations dans les zones urbanisées sensibles, notamment après la crue centennale de mai 2020 qui a causé des dégâts significatifs.

Une réunion cruciale pour la prévention des inondations

Vendredi 16 janvier, une réunion s'est tenue au Moulin des Jalles, organisée par le Syndicat mixte des Bassins-versants des Jalles du Cartillon et de Castelnau (SMBVJCC), sous la présidence de Claude Ganelon. Une vingtaine de participants étaient présents, incluant Eric Arrigoni, maire de Castelnau, des élus, et des représentants de diverses institutions telles que la DFCI 33, l'Office français de la biodiversité (OFB), l'Agence de l'eau, le Département, et l'Association syndicale autorisée de la défense des forêts contre l'incendie (ASA DFCI) de Castelnau-Moulis.

L'ordre du jour portait sur deux sujets majeurs :

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  • La reconstruction d'un pont DFCI situé au Pas de Corde, franchissant le ruisseau du Pas du Luc en amont de Castelnau, près d'une zone urbanisée touchée par les inondations de 2020.
  • L'opportunité de créer, à proximité de cet ouvrage, une zone d'expansion des eaux en cas de crue, une mesure préventive pour atténuer les futurs risques.

Les résultats prometteurs de l'étude archéogéographique

Lors de cette réunion, Cédric Lavigne, consultant, a présenté les résultats d'une étude archéogéographique commandée par le SMBVJCC. Cette étude, basée sur des documents anciens comme la carte de Masse de 1724, celle de Belleyme de 1785, et la carte d'État-Major de 1748, révèle l'évolution historique des territoires et leurs aménagements.

Les données ont mis en lumière une solution naturelle prometteuse : la réactivation d'un ancien lit majeur du ruisseau du Pas du Luc, qui pourrait servir de zone d'expansion des crues. Ce projet nécessite des démarches auprès des propriétaires des terrains concernés, mais il s'inscrit dans une volonté de privilégier des solutions douces et naturelles en zone forestière.

Romain Creiser, technicien au Syndicat, a souligné : « Le SMBVJCC a une vraie volonté de trouver des solutions douces et naturelles en zone forestière pour ralentir l'eau, réduire les pics de crues et limiter les inondations sur les zones sensibles urbanisées. Celles-ci ne garantissant néanmoins pas le risque zéro inondations. »

Des enjeux majeurs et un sentiment d'urgence

Pour Claude Ganelon, les enjeux du Syndicat sont clairs : créer des zones d'expansion pour réduire les crues à Castelnau et aussi à Avensan. Il a insisté sur l'importance de ce projet d'ampleur, qui répond à des défis cruciaux, même si ces actions préventives ne résoudront pas tous les problèmes d'inondations.

Matthieu Bonnemazou de la DFCI 33 a ajouté : « Il y a urgence à réaliser les travaux du pont pour permettre l'accès aux camions des pompiers et aux engins forestiers. » Cette urgence est renforcée par l'état dégradé du pont DFCI, qui nécessite une reconstruction rapide.

Avant de lancer les travaux, le Syndicat va mener une étude pour évaluer l'impact environnemental de l'ouvrage. Conformément à la loi, un dossier « loi sur l'eau » doit être déposé par la DFCI, garantissant que les travaux respectent les continuités écologiques et les réglementations en vigueur.

Contexte historique et augmentation du linéaire des cours d'eau

L'étude archéogéographique a également révélé des changements significatifs dans le paysage hydrologique. Par exemple, la carte du département de 1888 montre que le ruisseau du Déhès s'est allongé, et les cartes IGN de 1950 et 2020 indiquent une évolution similaire pour le ruisseau du Pas du Luc.

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Le linéaire des cours de la Jalle de Castelnau, le ruisseau du Pas du Luc, et la Jalle du Déhès a été multiplié par 2,6 entre le milieu du XIXe siècle et aujourd'hui, passant de 43 km à 110 km à l'échelle des bassins-versants. Cette augmentation est due à l'alimentation des moulins et au drainage des landes, contribuant aux problèmes d'inondation à Castelnau.

Ces trois cours d'eau confluent près de Castelnau, et sur leur partie aval, ils présentent des tronçons associant lit mineur et lit majeur. L'ancien lit majeur du ruisseau du Pas du Luc, identifié par l'étude, pourrait ainsi offrir un potentiel champ d'expansion des crues, une solution alignée avec la gestion durable des milieux aquatiques et la prévention des inondations (Gémapi).