Dans les Alpes-Maritimes, l'eau qui coule du robinet provient en grande partie de la nappe alluviale du Var, un immense réservoir naturel situé sous le lit du fleuve. Ce système, bien que solide, est désormais sous pression face au changement climatique, avec des cours d'eau à sec et des débits en chute.
Un réseau complexe entre montagnes, nappes et rivières
Derrière l'eau du robinet se cache un réseau complexe de nappes, de fleuves et de canaux. À Nice, contrairement à une idée répandue, l'eau potable ne provient plus principalement de la Vésubie, mais de la nappe alluviale du Var. Selon Eric Lefebvre, directeur départemental des territoires et de la mer, « Nice est alimentée par deux secteurs : le canal de la Vésubie et les champs captants situés dans la nappe alluviale du Var. En eau potable, ce sont vraiment les champs captants qui sont privilégiés parce que l'eau est de meilleure qualité et nécessite moins de traitements. »
Le canal de la Vésubie, ressource historique, complète le dispositif et sécurise l'approvisionnement de la métropole. À l'ouest, à Cannes, Antibes, Grasse ou Saint-Laurent-du-Var, l'eau provient d'un puzzle de ressources : bassins versants de la Siagne, du Loup, de la Brague ou de la Cagne, nappes souterraines et interconnexions entre territoires.
Un équilibre fragile face au climat
Sur le territoire de la Casa, qui regroupe notamment Antibes, « entre 70 et 80 % de l'eau distribuée chaque année est prélevée dans la nappe d'accompagnement du fleuve Var », précise Olivier Moulinas, directeur du territoire Côte d'Azur de Veolia. Cette diversité permet de pallier les crises locales, comme à Cagnes-sur-Mer où l'eau provient du bassin du Loup en cas d'étiage de la Cagne.
Pendant longtemps, cette abondance a donné le sentiment d'une ressource inépuisable. « Nous étions assis sur un véritable château d'eau », résume Olivier Moulinas. Aujourd'hui, cette organisation est un atout pour sécuriser l'alimentation, mais les nappes et cours d'eau montrent des signes de faiblesse durable. Les spécialistes appellent à anticiper et à diversifier les sources, alors que la sécheresse s'installe.



