Des chercheurs ont démontré que la vague de chaleur extrême qui frappe actuellement l'Europe n'aurait pas pu se produire il y a 50 ans, en raison du réchauffement climatique d'origine humaine. Selon une étude publiée par le réseau World Weather Attribution, cette canicule est rendue au moins 10 fois plus probable par le changement climatique.
Une canicule sans précédent
Les températures record enregistrées dans plusieurs pays européens, notamment en France, en Espagne et en Allemagne, ont atteint des niveaux jamais vus. Les chercheurs ont utilisé des modèles climatiques pour comparer la probabilité de cet événement dans le climat actuel et dans un climat sans réchauffement d'origine humaine. Résultat : la canicule actuelle est un événement qui ne se produirait qu'une fois tous les 100 ans dans le climat d'aujourd'hui, mais serait pratiquement impossible dans le climat d'il y a 50 ans.
Le rôle du changement climatique
Friederike Otto, climatologue à l'Imperial College de Londres et co-auteure de l'étude, a déclaré : « Ce que nous avons constaté, c'est que le changement climatique a rendu cette vague de chaleur extrême beaucoup plus probable et plus intense. Sans le réchauffement d'origine humaine, un tel événement serait extrêmement rare. » Les températures maximales ont été jusqu'à 4°C plus élevées que ce qu'elles auraient été sans changement climatique.
Conséquences et urgences
Les conséquences de cette canicule sont dramatiques : des milliers de décès supplémentaires, des incendies de forêt dévastateurs, et des infrastructures mises à rude épreuve. Les chercheurs soulignent que ces événements vont devenir plus fréquents et plus intenses si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites rapidement. Selon l'étude, une canicule de cette ampleur pourrait se produire tous les 10 ans d'ici 2050 si les émissions continuent au rythme actuel.
Appels à l'action
Les scientifiques appellent les gouvernements à prendre des mesures urgentes pour limiter le réchauffement climatique. « Chaque fraction de degré de réchauffement supplémentaire augmente le risque de vagues de chaleur extrêmes », a averti Otto. L'étude confirme que l'objectif de l'Accord de Paris de limiter le réchauffement à 1,5°C est crucial pour éviter des impacts encore plus graves.



