Le think tank Terra Nova, proche du Parti socialiste, a présenté le 15 mars 2025 un rapport intitulé « Pour un nouveau logiciel énergétique ». Ce document de 120 pages vise à sortir la gauche de ses divisions sur la question énergétique. Selon le directeur de Terra Nova, Thierry Pech, « il reste des différences, bien sûr », mais l'objectif est de trouver un socle commun.
Un rapport pour dépasser les clivages
Le rapport propose une sortie du nucléaire à l'horizon 2050, avec un mix électrique basé à 100 % sur les énergies renouvelables. Cette position a suscité des réactions contrastées au sein de la gauche. L'ancienne ministre de l'Écologie, Delphine Batho, a salué « une feuille de route claire et ambitieuse ». En revanche, le député socialiste Philippe Hardouin a estimé que « le nucléaire reste une énergie nécessaire pour la transition ».
Le document s'appuie sur des données chiffrées : il prévoit une baisse de la consommation d'énergie de 40 % d'ici 2050 grâce à l'efficacité énergétique et à la sobriété. Les investissements nécessaires sont évalués à 50 milliards d'euros par an, soit 2 % du PIB.
Des divergences persistantes
Malgré cette tentative d'unité, les tensions demeurent. Le Parti communiste a rejeté le rapport, son secrétaire national Fabien Roussel déclarant : « On ne peut pas se passer du nucléaire sans condamner les travailleurs et l'industrie. » De son côté, Europe Écologie Les Verts a jugé le calendrier trop lent, sa porte-parole Marine Tondelier affirmant : « Il faut une sortie du nucléaire dès 2035, pas 2050. »
Le rapport insiste sur la nécessité d'une planification démocratique et d'une maîtrise publique de l'énergie. Il propose la création d'un pôle public de l'énergie, regroupant EDF, Engie et TotalEnergies, pour piloter la transition.
Un enjeu pour 2027
Ce débat intervient alors que la gauche cherche à élaborer un programme commun pour l'élection présidentielle de 2027. Selon un sondage Odoxa réalisé en février, 68 % des sympathisants de gauche considèrent l'énergie comme un sujet prioritaire. Terra Nova espère que son rapport servira de base à une position unifiée.
Thierry Pech a conclu : « Nous devons montrer que l'écologie peut être sociale et que la transition énergétique ne se fera pas contre les travailleurs. »



