Le plan climat de Marine Le Pen, dévoilé récemment, suscite de vives critiques de la part d'experts en environnement et d'économistes. Ces derniers dénoncent un «enfumage» et un manque de chiffres concrets, rendant le projet peu crédible.
Un plan jugé flou et insuffisant
Selon plusieurs spécialistes interrogés par Libération, le document présenté par la candidate du Rassemblement national manque de précisions sur les financements et les objectifs chiffrés. «Pas de chiffres, pas d'arbitre», résume l'un d'eux, soulignant que sans données quantifiées, il est impossible d'évaluer l'impact réel du plan.
Le plan prévoit notamment une sortie du marché européen de l'électricité, un retour au nucléaire et un développement des énergies renouvelables, mais sans donner d'échéances ni de coûts. Les experts estiment que ces propositions sont irréalistes et pourraient coûter des milliards d'euros sans garantie de résultat.
Des critiques sur la crédibilité
L'économiste Jean-Marc Jancovici, interrogé par le journal, qualifie le plan de «pure communication politique». Il ajoute que «le réchauffement climatique ne se combat pas avec des slogans, mais avec des actes et des financements concrets». De son côté, l'ONG Réseau Action Climat dénonce un «retour en arrière» sur les engagements environnementaux de la France.
Le plan de Marine Le Pen prévoit également une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, ce que les experts jugent contradictoire avec les objectifs climatiques. «Réduire la TVA encourage la consommation, ce qui va à l'encontre de la sobriété énergétique», explique un économiste.
Un manque de chiffres flagrant
Le document de 20 pages ne contient aucun chiffrage précis. Selon un calcul approximatif, le coût des mesures proposées pourrait atteindre 50 milliards d'euros par an, soit l'équivalent du budget de la transition écologique actuel. Mais sans détails, il est impossible de vérifier ces estimations.
Les experts appellent à un débat transparent sur les coûts et les bénéfices des politiques climatiques. «Le climatoscepticisme est une chose, mais l'absence de sérieux en est une autre», conclut un spécialiste.



