Météo-France a levé mardi 18 août la vigilance orange canicule après 22 jours de vague de chaleur quasi générale dans l’Hexagone. L’été 2026 devient le plus long jamais mesuré avec 52 jours cumulés de fortes chaleurs depuis juin, battant les records historiques de 2022 et 1983. Du jamais-vu en quatre décennies.
Après avoir passé trois semaines sous un soleil de plomb, l’Hexagone a pu souffler mardi 18 août avec la levée de la vigilance orange canicule. Les températures n’en sont pas plus clémentes, dépassant encore les 30 °C dans de nombreuses régions. Ces épisodes caniculaires qui se sont succédé depuis mai en France métropolitaine ont établi un record de longévité plus que préoccupant, alors même que la saison estivale n’est pas terminée.
Un record de longévité inédit depuis 1947
Avec 52 jours de vagues de chaleur depuis mi-juin, l’été 2026 se propulse ainsi à la première place, devant les 33 jours de 2022 ou les 22 jours de l’été meurtrier de 2003, selon l’analyse par l’AFP des données de Météo-France. En 2026, le territoire a en effet connu trois vagues de chaleur qui se sont succédé rapidement, de 14 jours en juin, 16 jours en juillet puis 22 jours depuis fin juillet, cette dernière vague n’étant pas encore officiellement terminée au 18 août. Depuis le 17 juin, seuls trois, puis huit jours d’accalmie, se sont intercalés entre ces températures caniculaires.
Dans la foulée de cette annonce, Météo-France a fait savoir que la vague de chaleur en cours est d’ores et déjà la deuxième la plus longue jamais enregistrée en France, avec 22 jours de fortes chaleurs quasi-générales sur le pays. « Avec un ITN (Indicateur thermique national, moyenne des températures sur 30 stations de référence, NDLR) définitif à 24,5 °C pour la journée du mardi 18 août, nous en sommes à 22 jours en vague de chaleur, 2e rang provisoire depuis 1947 », date de début des mesures, a indiqué le prévisionniste national à l’AFP. Cette vague dépasse en durée celle de juillet 2006 (21 jours) et se place en seconde position derrière le record de juillet 1983, avec 23 jours.
Des températures extrêmes dans le sud de la France
« Dans l’Hérault, il n’y a quasiment pas eu, depuis mi-juin, de températures en dessous de 30 °C. Nîmes a dépassé les 50 jours à plus de 35 °C, ce qui n’était jamais arrivé », expliquait auprès de Midi Libre Sylvain Chave, directeur scientifique de Predict Services. Ces chiffres illustrent l’intensité exceptionnelle des vagues de chaleur qui ont frappé le territoire.
Et cet été de tous les records risquerait bien d’être le plus frais du reste de notre vie, rappelle la communauté scientifique. Sous l’effet des activités humaines, le dérèglement climatique tire le thermomètre vers le haut, avec une hausse de 1,7 °C à 2 °C depuis l’ère préindustrielle. Une augmentation qui s’accélère nettement depuis les années 1980.
Des projections alarmantes pour l’avenir
Si bien qu’à l’horizon 2100 la température moyenne annuelle s’élèverait à 14,2 °C contre 10,9 °C sur la période de référence 1976-2005, selon les projections de Météo-France fondées sur la TRACC, la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique. L’Occitanie ne sera pas épargnée, au contraire : selon ces prévisions, la température moyenne annuelle augmenterait de + 2,2 °C à l’horizon 2050, et de + 3,5 °C à l’horizon 2100 dans la région.



