Emily Shuckburgh est une climatologue de renommée internationale, figure emblématique de ces scientifiques qui alertent depuis des décennies sur les périls du réchauffement planétaire. Après avoir consacré dix années au British Antarctic Survey, où ses recherches se sont focalisées sur les océans polaires, elle a co-écrit The Ladybird Book on Climate Change avec le Roi Charles III et l'ornithologue Tony Juniper. Depuis 2019, elle dirige Cambridge Zero, l'initiative majeure de l'université de Cambridge pour lutter contre le changement climatique.
Une nomination stratégique dans un contexte géopolitique tendu
En octobre dernier, Emily Shuckburgh a été nommée conseillère scientifique en chef au sein du ministère britannique de la Sécurité énergétique. Cette mission revêt une importance cruciale à un moment où tous les États cherchent à réduire leur vulnérabilité face aux chocs géopolitiques, le conflit au Moyen-Orient étant le dernier exemple en date. Lors d'un récent passage à Paris, elle a accordé un entretien à L'Express, réaffirmant l'ambition du Royaume-Uni « de devenir une superpuissance en énergie propre ».
Des opportunités de coopération franco-britannique
La scientifique a également mis en lumière les vastes possibilités de collaboration entre Londres et Paris dans le domaine des technologies climatiques. « En quelques centaines de kilomètres, nous voyons émerger un véritable écosystème d’innovations dans les technologies climatiques », a-t-elle déclaré, soulignant la proximité géographique et intellectuelle entre les deux nations.
Les tensions au Moyen-Orient et la sécurité énergétique
Interrogée sur l'impact des tensions actuelles au Moyen-Orient, Emily Shuckburgh a répondu : « Elles ne font que renforcer le besoin de considérer notre sécurité énergétique comme une composante essentielle de notre agenda politique. » Elle a insisté sur le fait que ces crises confortent l'importance de la transition vers le Net Zero, en privilégiant une énergie produite localement grâce aux renouvelables et, dans une certaine mesure, au nucléaire.
Cette approche, selon elle, est non seulement vitale pour la stabilité géopolitique, mais aussi pour accélérer l'innovation et créer des emplois dans les secteurs verts. La climatologue appelle ainsi à une mobilisation collective et à des partenariats transfrontaliers pour faire face aux défis énergétiques et climatiques du XXIe siècle.



