Alors que la France subit une sécheresse exceptionnelle, le chercheur Yves Tramblay estime que « stocker l’eau est un pari très risqué sur l’avenir ». Dans un entretien accordé à EcoloObs, il plaide pour une refonte des systèmes agricoles afin de les rendre moins dépendants de l’irrigation et plus durables.
Une situation critique pour les nappes phréatiques
Les sols sont jaunis, brûlés par le soleil, des villages manquent d’eau potable et des rivières sont à sec. Au 1er août, près de deux tiers des nappes phréatiques, principales réserves d’eau potable du pays, présentaient des niveaux sous les normales, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), malgré les fortes pluies de l’hiver.
Le stockage de l’eau, une fausse bonne solution
Cette sécheresse, aux conséquences désastreuses pour l’agriculture française, a relancé le débat sur le stockage de l’eau, réclamé par une partie du monde agricole. Mais pour Yves Tramblay, ce levier n’est pas une solution miracle face au changement climatique. Il appelle à construire des systèmes agricoles moins gourmands en eau.
Le chercheur insiste sur la nécessité d’adapter les pratiques agricoles à la raréfaction de la ressource. Selon lui, l’enjeu n’est pas tant de stocker davantage d’eau que de repenser les cultures et les méthodes d’irrigation.
Vers une agriculture plus résiliente
Yves Tramblay recommande de privilégier des cultures mieux adaptées aux conditions climatiques futures et de réduire la dépendance à l’irrigation. Il souligne que les épisodes de sécheresse vont s’intensifier, rendant indispensable une transformation profonde du secteur agricole.
Ces propositions interviennent alors que les conséquences de la sécheresse s’annoncent lourdes pour les agriculteurs français, déjà confrontés à des pertes importantes. La question du stockage de l’eau reste toutefois au cœur des revendications d’une partie du monde agricole, qui y voit un moyen de sécuriser les récoltes.



