Alors que la sécheresse s'installe durablement dans plusieurs régions, le principal défi n'est pas technique mais culturel : renoncer à l'illusion de l'abondance de l'eau. C'est le constat dressé par un collectif de chercheurs et d'experts dans une tribune publiée par Le Monde le 26 août 2026.
Un changement de paradigme nécessaire
Les signataires, parmi lesquels figurent des hydrologues, des agronomes et des philosophes, estiment que les solutions techniques (barrages, dessalement, recyclage) ne suffiront pas. Ils appellent à une refonte profonde de notre rapport à la ressource, fondée sur la sobriété et la répartition équitable.
Selon eux, l'illusion de l'abondance a conduit à une surexploitation des nappes phréatiques et des rivières, avec des conséquences déjà visibles : assecs, restrictions d'usage, conflits d'usage. Ils citent l'exemple de la gestion de l'eau agricole, où l'irrigation intensive a été privilégiée au détriment des écosystèmes.
Des pistes concrètes pour une gestion sobre
Les auteurs proposent plusieurs pistes : instaurer des tarifs progressifs, encourager la réutilisation des eaux usées, et surtout repenser l'aménagement du territoire pour limiter les besoins. Ils insistent sur la nécessité d'une planification à long terme, associant tous les acteurs – agriculteurs, industriels, collectivités, citoyens.
Ils rappellent que 70 % de l'eau douce prélevée en France est destinée à l'agriculture, et que des marges de réduction existent sans compromettre la production, à condition de changer les pratiques.
Une responsabilité collective et politique
Le collectif appelle les pouvoirs publics à sortir d'une logique de crise pour adopter une vision structurelle. Il souligne que les décisions prises dans les prochaines années détermineront la capacité du pays à faire face aux épisodes de sécheresse plus fréquents et plus intenses liés au changement climatique.
La tribune conclut sur une note d'urgence : « Il est temps de passer d'une culture de la consommation à une culture du partage. » Une invitation à un débat national, qui pourrait être porté par les agences de l'eau et les parlementaires.



