Sur la Côte d'Azur, le sable du Sahara agit comme un « couvercle » thermique qui peut ajouter « jusqu'à un degré supplémentaire » aux températures nocturnes, selon les chercheurs du CNRS. Ce phénomène, amplifié par la sécheresse des sols et l'effet d'îlot de chaleur urbain, explique pourquoi le thermomètre reste bloqué au-dessus de 20 °C, voire 25 °C à minuit, lors des vagues de chaleur.
Un voile de poussières qui piège la chaleur
Lors des pics de chaleur de l'été 2026, une concentration d'aérosols deux à trois fois supérieure à la normale a stagné au-dessus du pays. Cette immense couche de poussières, portée par une configuration météorologique appelée « blocage en oméga », est restée suspendue au-dessus de nos têtes, faute de pluie pour nettoyer le ciel. Dans cette configuration, des anticyclones bloquent la circulation de l'air, tandis qu'une dépression aspire l'air saharien.
Le jour, ces particules en suspension ont un effet double : elles réfléchissent une partie du rayonnement solaire, mais absorbent également de l'énergie, réchauffant l'air ambiant. C'est une fois le soleil couché que le piège se referme.
Un effet de serre additionnel
En temps normal, les sols et les bâtiments restituent la chaleur emmagasinée le jour en la rejetant vers l'espace sous forme de rayonnement infrarouge. Mais lorsque le sable du désert du Sahara s'en mêle, le bilan radiatif change. « Elles absorbent une partie des rayonnements solaire et tellurique. De jour, elles vont localement réchauffer l'atmosphère et de nuit réémettre le rayonnement infrarouge en partie vers la surface », explique Patrick Chazette, chercheur au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives.
Les aérosols agissent comme une couverture thermique, un « couvercle » qui piège l'énergie au sol. Selon les scientifiques, ce phénomène d'effet de serre additionnel peut ajouter « jusqu'à un degré supplémentaire » aux températures nocturnes.
Des conditions qui amplifient le phénomène
Le phénomène est encore amplifié par la sécheresse des sols, incapables de refroidir l'air par évaporation, et par l'effet d'îlot de chaleur urbain propre à nos villes denses comme Nice, où le béton restitue lentement sa chaleur. Sur la Côte d'Azur, déjà exposée aux fortes chaleurs maritimes, ce voile poussiéreux modifie directement le climat nocturne, rendant les nuits particulièrement étouffantes lors des canicules.



