Alors que la France subit son troisième épisode caniculaire en deux mois, le gouvernement a officiellement présenté ce vendredi le dispositif ORSEC « chaleurs extrêmes ». Ce nouveau plan vise à protéger les personnes les plus vulnérables lors des fortes chaleurs. Voici un récapitulatif de ce dispositif et des autres plans existants pour coordonner les réponses en cas d'événements majeurs.
Le plan ORSEC chaleurs extrêmes : des lieux frais pour les plus fragiles
Déclinaison spécifique du plan ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile), le plan chaleurs extrêmes n'est pas activé à un seuil de température précis mais en fonction d'une analyse globale incluant la durée et l'intensité de l'épisode caniculaire. Il place la coordination de crise sous l'autorité du préfet, qui doit s'appuyer sur « un registre précis et à jour » des publics fragiles, en lien avec les centres communaux d'action sociale (CCAS), les services sociaux et la Caisse d'allocations familiales (CAF).
Le plan prévoit que chaque département soit doté de centres de protection frais accessibles aux personnes vulnérables, en fonction des vigilances Météo-France et des réalités locales. Ces centres doivent offrir « lits, eau, kits de secours, sanitaires séparés et un encadrement humain renforcé, avec un contrôle sanitaire systématique à l'arrivée », précise le gouvernement.
Le plan ORSEC, colonne vertébrale de la gestion de crise
Créé en 1952, le plan ORSEC est la colonne vertébrale de l'organisation de la réponse de la Sécurité civile. Il coordonne les secours face à des événements majeurs (inondation, accident industriel, feu de forêt, tempête) lorsque les moyens habituels sont insuffisants. La tempête de 1999, l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001 et la canicule de 2003 ont conduit à des évolutions, jusqu'à une réforme en 2005. C'est le préfet qui coordonne l'ensemble des acteurs.
Par exemple, lors des gigantesques feux de forêt de l'été 2022, notamment en Gironde (plus de 30 000 hectares brûlés à Landiras et La Teste-de-Buch), le dispositif ORSEC « feux de forêt » a été activé, mobilisant des renforts nationaux.
Plan Novi : prise en charge de nombreuses victimes
Intégré au plan ORSEC, le plan Novi (pour nombreuses victimes) est un dispositif spécifique de tri et de prise en charge médicale lorsqu'un événement majeur fait un grand nombre de victimes. Il coordonne les secours, les moyens médicaux, les forces de l'ordre et les autorités préfectorales, par exemple en cas d'accident routier ou ferroviaire, d'attentat, d'effondrement d'immeuble, d'explosion ou de catastrophe aérienne.
Le 23 octobre 2015, la collision entre un autocar et un poids lourd suivie d'un incendie a fait 43 morts et huit blessés à Puisseguin, en Gironde. Le plan ORSEC Novi avait alors été déclenché pour gérer cette situation exceptionnelle.
Le plan blanc : mobilisation des établissements de santé
Alors que le plan ORSEC Novi organise la réponse sur le lieu de l'événement et la chaîne de prise en charge des victimes, le plan blanc permet aux établissements de santé de s'organiser pour absorber l'afflux de patients et adapter leur fonctionnement. Chaque établissement de santé en est doté et peut l'activer à l'initiative du chef d'établissement ou à la demande d'un représentant de l'État.
Au niveau 1, il s'agit d'une réorganisation interne avec adaptation des plannings et recherche de lits supplémentaires. La situation est tendue mais maîtrisable. Au niveau 2, on procède au rappel et à la mobilisation massive des personnels, à la déprogrammation ou au report des interventions non urgentes, et à l'ouverture de lits supplémentaires.
Lors de l'épidémie de Covid-19, le plan blanc a été déclenché au niveau national le 6 mars 2020 dans tous les hôpitaux et cliniques de France. Plus récemment, il a été activé pour faire face à un épisode de grippe à l'hiver 2024-2025 et à l'automne-hiver 2022-2023 en raison d'une épidémie de bronchiolite et de tensions aux urgences. Le niveau du plan blanc est apprécié à l'échelle de chaque établissement.



