Dans les chemins sablonneux d’Ermenonville, dans l’Oise, les camions rouges soulèvent d’épais nuages de poussière sous un soleil de plomb. Ce jeudi 21 mai, autour du parc d’attractions La Mer de sable, des sapeurs-pompiers ont participé à un exercice incendie hors norme. L’objectif était de simuler un important feu de forêt menaçant directement le parc et les massifs forestiers alentour, alors que le département est régulièrement en proie aux flammes.
140 pompiers mobilisés pour une simulation spectaculaire
Au total, 140 pompiers et 54 véhicules venus de l’Oise, du Val-d’Oise, de l’Aisne ou encore du Pas-de-Calais ont été mobilisés pour cette simulation spectaculaire organisée par la préfecture et le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de l’Oise. Pour l’occasion, camions-citernes feux de forêt, véhicules de commandement et équipes spécialisées se sont déployés sur plusieurs secteurs autour du parc.
Un scénario inspiré du feu près du Parc Astérix
« Aujourd’hui, on n’est plus sur un risque émergent, on est sur un risque présent. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est bien réel », insiste le colonel Pierre Bépoix, du SDIS de l’Oise. Fin avril, cinq hectares étaient partis en fumée à Coye-la-Forêt, lors de ce que les secours avaient présenté comme « le premier feu de forêt de l’année » dans l’Oise. Un signal d’alerte précoce pour les pompiers, alors que le SDIS observe déjà une végétation particulièrement sèche et des températures élevées dès ce printemps 2026.
Le scénario choisi pour l’exercice du jour n’a rien d’anodin et rappelle un terrible précédent. Le 19 juillet 2022, un important incendie s’était déclaré dans le bois de Morrière, à Plailly, à proximité immédiate du Parc Astérix. « Il y avait un fort risque de propagation vers le parc d’attractions », rappelle le lieutenant-colonel David Labeau, organisateur de l’exercice. « On a voulu reproduire cette intervention aujourd’hui, cette fois sur le parc de La Mer de sable. »
50 véhicules et drones de pointe pour faire face
À bord d’un véhicule léger tout-terrain lancé sur les pistes forestières, Schemseddin Hermi, adjoint au chef du groupement du SDIS 60, suit méthodiquement l’évolution des opérations quelques centaines de mètres devant les engins d’incendie. « On a un triangle pour illustrer le départ de feu : le flanc droit, le flanc gauche et la tête de feu », schématise-t-il. « L’objectif, c’est d’atténuer la puissance et la profondeur du feu en jalonnant ces flancs, puis de remonter pour le réduire au maximum. »
Au cœur du dispositif, plusieurs groupes d’intervention feux de forêt – les fameux « GIFF » – sont engagés simultanément dans les bois. Chacune de ces unités regroupe quatre camions-citernes et un véhicule de commandement afin d’assurer une attaque coordonnée du feu et une mobilisation rapide des secours.
« L’idée de cette opération était de pouvoir rassembler toutes les forces, tous ces moyens aujourd’hui, et de les faire travailler ensemble sur un même exercice », souligne le lieutenant-colonel David Labeau. « On mélange les personnels afin de croiser nos méthodologies pour être plus efficaces. »
Une chaîne de commandement mise à l’épreuve
Au-delà des flammes simulées, l’entraînement sert aussi à tester l’organisation des secours face à un incendie majeur. Coordination des équipes, arrivée des renforts, gestion des itinéraires ou circulation des informations : toute la chaîne de commandement est mise à l’épreuve. « On souhaite vraiment mettre les personnels en situation sur le terrain, mais également mettre en tension cette chaîne de commandement qui monte en puissance avec l’exercice », abonde encore David Labeau.
Et pour tenir bon durant cet été de tous les dangers, les pompiers de l’Oise renforcent progressivement leurs moyens. Le département dispose désormais de 27 camions-citernes feux de forêt, de 21 véhicules légers tout-terrain, mais aussi de drones équipés de caméras thermiques capables de transmettre des images en temps réel.



