Nord de l'Italie : stress hydrique imminent dans le Piémont et la Lombardie
Nord de l'Italie : stress hydrique imminent dans le Piémont et la Lombardie

Des niveaux historiquement bas pour les fleuves italiens

Les fleuves de Lombardie et de Toscane, dans le nord de l'Italie, affichent des niveaux bien inférieurs à la normale pour la saison, selon les données de l'Agence régionale pour la protection de l'environnement (ARPA). Le Pô, le plus long fleuve d'Italie, enregistre un débit de 200 mètres cubes par seconde, soit 80 % de moins que la moyenne historique pour cette période de l'année. L'Adda, l'Adige et le Tibre sont également en dessous de leurs seuils habituels.

Les causes : manque de pluie et fonte précoce des neiges

Cette situation est due à un hiver et un printemps particulièrement secs, avec des précipitations inférieures de 40 % à la moyenne dans le nord-ouest de l'Italie. De plus, la fonte des neiges dans les Alpes a été précoce, réduisant les apports d'eau estivaux. Selon l'ARPA, le manteau neigeux dans les Alpes italiennes est actuellement à 50 % de son volume habituel en juin.

Des restrictions d'eau déjà en place

Face à cette situation, plusieurs régions ont déjà pris des mesures. La Lombardie a décrété un état d'alerte et imposé des restrictions d'eau pour l'agriculture, avec une réduction de 30 % des prélèvements pour l'irrigation. Le Piémont a également mis en place des limitations, tandis que la Toscane envisage des mesures similaires. Selon le président de la région Lombardie, Attilio Fontana, "nous sommes confrontés à une situation qui pourrait devenir critique si les précipitations ne reviennent pas rapidement".

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Impact sur l'agriculture et l'énergie

Le stress hydrique menace particulièrement le secteur agricole, qui utilise 60 % de l'eau douce en Italie. La production de riz en Lombardie, qui représente 50 % de la production nationale, est directement menacée. Les centrales hydroélectriques du nord de l'Italie, qui fournissent 20 % de l'électricité du pays, pourraient également voir leur production réduite. Selon Coldiretti, le principal syndicat agricole italien, "les pertes pour l'agriculture pourraient atteindre 2 milliards d'euros cette année si la sécheresse persiste".

Comparaison avec la sécheresse de 2022

Cette situation rappelle la sécheresse historique de 2022, qui avait déjà frappé le nord de l'Italie. Cependant, les niveaux actuels du Pô sont encore plus bas qu'à la même période en 2022, selon l'ARPA. Le gouvernement italien a annoncé la création d'une task force pour coordonner la réponse à la crise hydrique, mais des critiques émergent sur le manque d'investissements dans les infrastructures de stockage d'eau.

Prévisions météorologiques peu encourageantes

Les prévisions à court terme ne sont pas optimistes. Les modèles météorologiques indiquent un temps sec et chaud pour les prochaines semaines, avec des températures supérieures de 2 à 3 degrés à la normale. Cela pourrait aggraver la situation et étendre le stress hydrique à d'autres régions, comme l'Émilie-Romagne et la Vénétie.

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