Été 2026 à Montpellier : record historique de chaleur depuis 1947
Montpellier : été 2026, le plus chaud depuis 1947

L'été 2026 restera dans les annales de l'Hérault. Avec une température moyenne estivale supérieure de 3,5 °C aux normales 1991-2020, il s'agit de l'été le plus chaud jamais enregistré depuis 1947. Ce record devance 2003 (+2,9 °C) et 2022 (+2,8 °C). Alors que septembre s'annonce encore caniculaire, Météo-France dresse un constat sans appel : le climat montpelliérain devient plus chaud et plus sec.

Le calendrier météorologique a refermé l'été le 31 août, mais le thermomètre continue de jouer les prolongations. Jusqu'à 34 °C sont attendus samedi et dimanche à Montpellier-Fréjorgues. Une chaleur remarquable pour un début septembre : depuis l'ouverture de la station en 1939, la température maximale de septembre a atteint 35,2 °C, le 5 septembre 2016. Florence Vaysse, météorologue à Météo-France, résume : « C'est déjà arrivé mais c'est exceptionnel. » Dans les terres, la situation sera encore plus spectaculaire : jusqu'à 39-40 °C sont attendus vendredi et samedi.

Un nombre exceptionnel de journées très chaudes

Le bilan de l'été donne le vertige. Météo-France relève quatre à cinq longues vagues de chaleur, commencées avant même l'été météorologique et toujours pas complètement terminées. Le chiffre le plus parlant : cet été, les températures maximales ont atteint ou dépassé 35 °C pendant 10 à 20 jours sur le littoral, alors que la normale n'est que de zéro à trois jours. Dans les plaines et l'intérieur, la fournaise a parfois duré 30 à 45 jours, voire davantage.

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À Montpellier-Fréjorgues, le thermomètre a atteint 40 °C cet été, après avoir déjà franchi ce seuil en 2019 et 2025. La chaleur s'est également installée la nuit : les stations du littoral ont compté jusqu'à 60 à 70 nuits à 20 °C ou plus, quand les normales se situent plutôt entre 20 et 40. Météo-France constate que le nombre maximal de nuits chaudes a été dépassé sur de nombreuses stations, parfois avec un écart considérable.

Pourquoi Montpellier change de climat

« Notre climat méditerranéen se réchauffe et s'assèche », constate Florence Vaysse. La météorologue refuse toutefois de parler de « tropicalisation », terme qui suggère chaleur et humidité permanentes. « Sous les tropiques, il n'y a pas d'hiver », rappelle-t-elle. À Montpellier, le changement est différent : davantage de chaleur, davantage de nuits chaudes et un climat plus sec. Elle évoque une évolution qui pourrait rapprocher progressivement la région d'un climat comparable à celui de l'Andalousie.

Et surtout, prévient-elle, « si cela est exceptionnel maintenant, cela ne le sera plus très bientôt ». Florence Vaysse résume : « C'est aujourd'hui un épisode exceptionnel. » Mais elle pose déjà le regard plus loin : « Un été normal d'ici quelques années et un été frais dans quelques décennies si nous ne limitons pas les émissions de gaz à effet de serre. »

Encore très chaud avant une semaine plus respirable

La chaleur n'a pas encore dit son dernier mot. Les prévisions annoncent encore un week-end très chaud avant une amélioration. « Il fait encore chaud jusqu'en début de semaine prochaine », indique Florence Vaysse. Puis les températures devraient devenir « plus respirables », avec le retour d'un temps un peu plus perturbé et de la tramontane au milieu de la semaine. Mais pas de miracle côté pluie : les précipitations attendues ne devraient pas être significatives.

Pour la suite de l'automne, Météo-France ne dessine pas de scénario privilégié de précipitations autour du bassin méditerranéen occidental. Quant aux températures, à l'échelle du trimestre septembre-octobre-novembre, le scénario le plus probable est celui d'un temps plus doux que la normale, tout en laissant possible des épisodes ponctuellement plus frais.

La crainte des épisodes méditerranéens

Après cet été brûlant, une autre inquiétude pointe : celle des fortes pluies. La Méditerranée a atteint des températures « exceptionnelles ». Une mer chaude constitue « un facteur aggravant » si les conditions atmosphériques sont réunies, notamment avec de l'air froid en altitude et une perturbation. Mais Florence Vaysse rappelle que le vent peut rapidement changer la donne : « Si nous subissons quelques jours de forte tramontane, toute cette eau chaude de surface sera chassée. »

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Le constat, lui, ne dépend déjà plus des prévisions : 2026 est le premier été le plus chaud jamais enregistré dans l'Hérault. Et pour Florence Vaysse, ce qui est exceptionnel aujourd'hui pourrait devenir la normalité demain.