Allemagne : une réduction des émissions de gaz à effet de serre au point mort en 2025
Les ambitions climatiques de l'Allemagne rencontrent un obstacle majeur. Les émissions de gaz à effet de serre du pays ont quasiment stagné en 2025, avec un recul infime de seulement 0,1% par rapport à l'année précédente. Cette annonce, faite samedi par le ministère allemand de l'Environnement, soulève de sérieuses inquiétudes quant à la capacité du pays à respecter ses engagements pour 2030.
Des chiffres officiels plus pessimistes que les prévisions
Les données définitives du ministère révèlent que les rejets de gaz à effet de serre ont atteint 649 millions de tonnes d'équivalent CO2 en 2025. Ces résultats sont nettement moins bons que les estimations provisoires publiées le 7 janvier par le groupe d'experts Agora Energiewende, qui anticipait une baisse de 1,5% pour atteindre 640 millions de tonnes.
Cette quasi-stagnation marque un net ralentissement par rapport aux années précédentes. En effet, en 2024, les émissions allemandes avaient chuté de 3% par rapport à 2023, et d'environ 10% en 2023. Le ministère de l'Environnement qualifie donc les progrès réalisés en 2025 de « trop lents » pour permettre d'atteindre les objectifs climatiques fixés.
L'objectif 2030 sérieusement compromis
Malgré cette mauvaise performance, le ministère allemand de l'Environnement maintient que l'objectif climatique pour 2030 reste « toujours possible d'atteindre ». Cet objectif ambitieux prévoit une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 65% par rapport au niveau de référence de 1990.
Pour y parvenir, le chemin à parcourir est cependant considérable. Les émissions devraient désormais « baisser en moyenne de 42 millions de tonnes d'équivalent CO2 par an » à partir de 2026. Cette réduction annuelle nécessaire représente plus de quarante fois la baisse enregistrée en 2025, qui n'a été que de 0,1%.
Actuellement, les émissions de l'Allemagne sont inférieures de 48% au niveau de 1990. Le ministère souligne qu'il est « particulièrement urgent » d'accélérer les efforts dans les secteurs des transports et du bâtiment. Sans progrès significatifs dans ces domaines, l'Allemagne pourrait être contrainte d'acheter des quotas d'émission à d'autres États membres de l'Union européenne ou de payer des amendes se chiffrant en milliards d'euros.
Un espoir dans les nouvelles technologies climatiques
Face à ce tableau préoccupant, le ministre de l'Environnement Carsten Schneider tente de maintenir un certain optimisme. Il se félicite notamment de « l'engouement croissant pour les technologies de protection du climat », citant en exemple les voitures électriques et les pompes à chaleur.
« Et il y a plus de projets éoliens nouvellement approuvés que jamais auparavant », a-t-il ajouté. « Cela laisse espérer que les progrès s'accéléreront à nouveau dans les années à venir ».
Un contexte politique moins favorable à la transition écologique
La situation politique actuelle complique cependant la poursuite des objectifs climatiques. Sous le précédent gouvernement de coalition dirigé par le social-démocrate Olaf Scholz, avec les Verts et les Libéraux, la protection du climat constituait une priorité affirmée.
Depuis mai 2025, le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz, allié aux sociaux-démocrates, adopte une approche différente. Il défend plutôt un allégement des normes environnementales et a obtenu de l'Union européenne qu'elle assouplisse l'interdiction prévue pour 2035 de la vente de moteurs thermiques neufs. Cette mesure répond notamment aux revendications des constructeurs automobiles allemands, qui accusent un retard dans l'électrification de leurs véhicules.
Cette orientation politique, combinée aux mauvais résultats de 2025, laisse planer un doute sérieux sur la capacité de l'Allemagne à respecter ses engagements climatiques internationaux et à maintenir son leadership dans la transition énergétique européenne.



