Les émissions allemandes de gaz à effet de serre stagnent en 2025, un progrès jugé "trop lent"
Le ministère allemand de l'Environnement a annoncé des chiffres préoccupants pour l'année 2025 : les émissions de gaz à effet de serre ont quasiment stagné, avec un recul de seulement 0,1% par rapport à 2024. Les rejets ont atteint 649 millions de tonnes d'équivalent CO2, un niveau bien supérieur aux prévisions des experts.
Un écart significatif avec les prévisions initiales
Ces résultats sont nettement plus mauvais que les estimations provisoires publiées le 7 janvier par le groupe d'experts Agora Energiewende. Ces derniers tablaient sur un recul de 1,5% par rapport à 2024, avec des émissions à 640 millions de tonnes d'équivalent CO2 en 2025. La réalité s'avère donc moins favorable que prévu.
Cette quasi-stagnation contraste fortement avec les progrès réalisés les années précédentes dans la première économie européenne. En 2024, les rejets de gaz à effet de serre avaient chuté de 3% par rapport à l'année précédente, et d'environ 10% en 2023. La dynamique positive semble ainsi marquer le pas.
L'objectif climatique 2030 reste "toujours possible" selon le ministère
Malgré cette déception, le ministère allemand de l'Environnement estime qu'il est "toujours possible d'atteindre" l'objectif climatique pour 2030. Cet objectif ambitieux vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 65% par rapport au niveau de référence de 1990.
Pour y parvenir, les émissions devraient cependant "baisser en moyenne de 42 millions de tonnes d'équivalent CO2 par an" à partir de 2026. Cette réduction nécessaire représente plus de 40 fois la baisse enregistrée en 2025, ce qui souligne l'ampleur du défi à relever.
En 2025, les émissions de gaz à effet de serre de l'Allemagne étaient inférieures de 48% au niveau de l'année de référence 1990. Un progrès significatif, mais insuffisant pour respecter la trajectoire nécessaire.
Des secteurs clés nécessitant des efforts urgents
Le ministère souligne qu'il est "particulièrement urgent" de réduire les émissions dans les secteurs des transports et du bâtiment. Cette réduction est cruciale pour éviter autant que possible l'achat coûteux de quotas d'émission auprès d'autres États membres de l'Union européenne, ou le paiement d'amendes se chiffrant en milliards d'euros.
Le ministre de l'Environnement, le social-démocrate Carsten Schneider, se veut néanmoins optimiste. Il se félicite de "l'engouement croissant pour les technologies de protection du climat", telles que les voitures électriques et les pompes à chaleur.
"Et il y a plus de projets éoliens nouvellement approuvés que jamais auparavant. Cela laisse espérer que les progrès s'accéléreront à nouveau dans les années à venir", a-t-il ajouté.
Le gouvernement Merz prône un allègement des normes environnementales
Au pouvoir depuis mai 2025, le gouvernement Merz défend une approche différente en matière de politique environnementale. Il prône un allègement des normes environnementales et a obtenu de l'Union européenne qu'elle assouplisse l'interdiction dès 2035 de la vente de moteurs thermiques neufs.
Cette revendication répond aux préoccupations des constructeurs automobiles allemands, qui se sentent distancés dans l'électrification des véhicules. Cette orientation politique pourrait influencer la trajectoire des émissions allemandes dans les prochaines années.



