Incendie dans les Pyrénées-Orientales : un feu extrême de 5 000 hectares
Incendie dans les Pyrénées-Orientales : 5 000 hectares brûlés

L'incendie qui a débuté samedi à Trévillach, à l'ouest de Perpignan, continue de ravager les Pyrénées-Orientales. Selon les dernières informations communiquées ce mercredi, le feu n'est toujours pas fixé et a déjà parcouru près de 5 000 hectares de végétation, laissant un paysage de désolation.

Un feu qualifié d'extrême

Julien Ruffault, chercheur à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) au sein de l'unité de recherche écologie des forêts méditerranéennes, préfère le terme de feu extrême à celui de mégafeu, qui n'a pas de définition scientifique. Il explique : « Rien que par sa taille, plusieurs milliers d'hectares, on est déjà sur quelque chose qui commence à être extrême pour le sud de la France. C'est une très très faible proportion des feux qui vont jusqu'à atteindre cette taille-là. »

Certains feux, même de taille modeste, peuvent avoir des conséquences importantes et devenir extrêmes s'ils menacent des habitations, ajoute-t-il. Concernant le comportement de cet incendie, Ruffault précise : « Je n'ai pas encore eu de retour des forces de lutte sur ce feu qui nous permette de décrire précisément son comportement. Ce qui est sûr, c'est que c'était un feu avec des conditions de vent quand même assez extrêmes. »

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Extension de la zone à risque

Le chercheur note une extension de la zone géographique à risque : « On a effectivement une extension de la zone géographique à risque avec des conditions favorables aux incendies dans des régions historiquement peu ou pas touchées. On observe aussi, comme cette année, un allongement de la saison des feux, avec un début plus précoce et potentiellement aussi une fin plus tardive. »

Cette multiplication des conditions favorables aux événements extrêmes ressortait dans les prédictions de modélisation : « Ils sont amenés à avoir lieu de plus en plus fréquemment et potentiellement avec de plus en plus d'intensité dans les années et décennies à venir », selon Ruffault.

Les limites des politiques de prévention

Dans le Sud-Est, une baisse continue des surfaces brûlées depuis les années 1970 s'explique par le renforcement des politiques de suppression et de prévention des incendies. Cependant, « celles-ci semblent atteindre leur limite avec les nouvelles conditions météorologiques imposées par le réchauffement climatique et l'émergence de ces flux extrêmes », souligne le chercheur. L'année 2022 a été une année charnière pour la France, avec une multiplication d'incendies d'ampleur, et a donné lieu à des dispositifs comme la météo des forêts.

Priorité aux populations

Interrogé sur la stratégie des pompiers face à des feux extrêmes, Ruffault rappelle l'incendie de Gonfarons en 2021 dans le Var, qui a brûlé environ 5 000 hectares. « C'est une des premières fois où le discours a un petit peu changé et où on a entendu qu'il ne serait pas possible de protéger l'ensemble des enjeux. C'est-à-dire que la priorité est donnée aux populations et ensuite à la forêt », explique-t-il. Ce phénomène se reproduit lorsque les conditions climatiques sont extrêmes, rendant la maîtrise du feu très difficile pour les pompiers.

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