Centrale de Golfech à l'arrêt : EDF invoque la chaleur
Golfech : arrêt prolongé pour cause de canicule

La centrale nucléaire de Golfech, située dans le Tarn-et-Garonne, est de nouveau à l'arrêt depuis le dimanche 9 août, en raison des conditions climatiques exceptionnelles qui sévissent sur le sud-ouest de la France. EDF a annoncé cette mise à l'arrêt dans un communiqué, expliquant que la chaleur extrême réduit le débit de la Garonne, utilisée pour le refroidissement des réacteurs, et que les normes environnementales imposent de limiter le rejet d'eau chaude dans le fleuve.

Un arrêt lié à la sécheresse et à la canicule

La centrale, qui compte deux réacteurs de 1 300 mégawatts chacun, a dû cesser sa production d'électricité pour respecter les seuils de température de l'eau. En période de forte chaleur, la température de la Garonne dépasse les limites autorisées, ce qui oblige EDF à réduire ou à stopper la production. Cette situation n'est pas nouvelle : en août 2023, la centrale avait déjà été contrainte de réduire sa puissance, et en juillet 2022, un arrêt similaire avait été enregistré.

Selon EDF, « les conditions climatiques actuelles, avec des températures dépassant les 40 °C et un débit de la Garonne particulièrement bas, ne permettent pas de garantir le respect des limites de température de rejet ». L'entreprise précise que « la sûreté nucléaire n'est pas en cause, mais que la priorité est donnée à la protection de l'environnement et à la préservation de la faune aquatique ».

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Un impact limité sur l'approvisionnement électrique

Malgré cet arrêt, EDF assure que l'approvisionnement en électricité de la région n'est pas menacé. La production nationale est suffisante, et d'autres centrales, notamment celles situées en bord de mer, peuvent compenser. Cependant, cette situation met en lumière la vulnérabilité du parc nucléaire face au changement climatique, alors que les épisodes de canicule deviennent plus fréquents et plus intenses.

Selon les données de RTE, le gestionnaire du réseau, la centrale de Golfech a produit environ 17 térawattheures (TWh) en 2025, soit environ 4 % de la production nucléaire française. Un arrêt prolongé pourrait donc avoir un impact sur les prix de l'électricité sur le marché de gros, même si EDF dispose de marges de manœuvre.

Les défis du nucléaire face au réchauffement climatique

Cet épisode relance le débat sur l'adaptation du parc nucléaire français aux conséquences du réchauffement climatique. Les centrales situées le long des fleuves sont particulièrement exposées aux épisodes de sécheresse et de canicule. EDF travaille sur des solutions techniques, comme l'installation de tours aéroréfrigérantes ou l'optimisation des systèmes de refroidissement, mais ces investissements sont coûteux et ne sont pas encore généralisés.

Selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2023, « le changement climatique pourrait réduire de 1 à 3 % la capacité de production nucléaire française en été d'ici 2050 ». Les épisodes comme celui de Golfech pourraient donc devenir plus fréquents, ce qui pose la question de la diversification du mix énergétique et du développement des énergies renouvelables.

En attendant, EDF annonce que la reprise de la production se fera progressivement, dès que les conditions climatiques le permettront. Les équipes de la centrale surveillent en continu la température de la Garonne et le débit du fleuve. Selon Météo-France, un léger rafraîchissement est attendu en fin de semaine, ce qui pourrait permettre une reprise partielle de l'activité.

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