En Espagne, le débat sur les vagues de chaleur s'enflamme alors que le pays vient de connaître son été le plus chaud jamais enregistré, avec des températures dépassant les 45°C dans plusieurs régions. Selon l'Agence météorologique espagnole (AEMET), la canicule de juillet 2025 a battu tous les records, provoquant une sécheresse sévère et des incendies dévastateurs.
Des mesures gouvernementales contestées
Le gouvernement de Pedro Sánchez a annoncé un plan d'urgence incluant des aides financières pour les agriculteurs et des investissements dans les infrastructures de refroidissement. Cependant, les associations environnementales critiquent le manque d'ambition. "Ce plan est insuffisant face à l'urgence climatique", a déclaré Marta García, porte-parole d'Ecologistas en Acción, citée par El País. "Nous avons besoin de réductions drastiques des émissions de gaz à effet de serre, pas de rustines."
Un débat polarisé
Le sujet divise la classe politique. Le Parti Populaire (PP) accuse le gouvernement de "paniquer" et de "nuire à l'économie" avec des réglementations environnementales trop strictes. "Les vagues de chaleur ont toujours existé", a affirmé le député PP Juan Martínez lors d'un débat parlementaire. En revanche, les partis de gauche et les Verts réclament une déclaration d'urgence climatique nationale.
Impact sur la population
Les conséquences sont lourdes : selon le ministère de la Santé, plus de 2 300 décès liés à la chaleur ont été recensés entre juin et août 2025, principalement chez les personnes âgées. Les hôpitaux ont enregistré une hausse de 40 % des admissions pour coups de chaleur. Dans les villes, les habitants cherchent des refuges climatisés, mais les inégalités sont criantes. "Dans mon quartier, il n'y a pas un seul arbre", témoigne Maria López, 72 ans, résidente d'un quartier défavorisé de Madrid.
Des solutions envisagées
Le gouvernement propose de végétaliser les villes et de créer des "îlots de fraîcheur". Un budget de 500 millions d'euros est alloué à la rénovation des bâtiments publics pour améliorer l'isolation thermique. Mais les experts estiment que ces mesures sont à la traîne. "L'Espagne doit s'adapter plus rapidement", explique le climatologue Javier Martín-Vide, de l'Université de Barcelone. "Nous sommes en première ligne du changement climatique."
Un avenir incertain
Alors que le pays se prépare à de nouvelles canicules, le débat reste vif. Les syndicats agricoles réclament des aides d'urgence, tandis que les ONG appellent à une transition énergétique accélérée. Le gouvernement promet un "pacte national pour le climat", mais les désaccords persistent. En attendant, les Espagnols subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement, et le thermomètre continue de grimper.



