Écologie en famille : 2 000 manifestants à Montpellier pour le climat
Écologie en famille : 2 000 manifestants à Montpellier

Plus de 2 000 personnes ont défilé samedi 26 septembre dans les rues de l’Écusson à Montpellier pour exiger des actions concrètes contre le dérèglement climatique. Parmi elles, des familles engagées qui veulent réduire leur empreinte carbone à moins de 2 tonnes d’ici 2030. Le cortège a mêlé revendications nationales et préoccupations quotidiennes.

Des familles qui mesurent leur empreinte carbone

Marjorie et Alonso ont une petite calculette invisible dans un coin de leur vie. Ils connaissent leur empreinte carbone, la mesurent, la scrutent et cherchent encore à la réduire. À Montpellier, le couple de 40 ans est venu manifester avec Malinali, leur fille de 10 ans. Leur bilan ? 3,7 tonnes de CO₂ par an pour le foyer. Environ trois fois moins que la moyenne, selon leurs calculs. Mais pas question de s’en satisfaire : « Notre objectif est d’être à moins de 2 tonnes d’ici 2030. »

Il y a quinze ans, la lecture de Zéro Déchet, de Béa Johnson, avait servi « d’électrochoc ». Depuis, l’écologie s’est glissée partout : dans l’assiette, les déplacements, les achats, les déchets… La famille est végane, pratique la mobilité douce, privilégie l’occasion et la récupération. « Ce sont nos valeurs, notre mode de vie et même notre identité », résume Marjorie.

Une transmission familiale des gestes écologiques

Une façon de vivre que Malinali n’a jamais vraiment connue autrement. Ses livres sont d’occasion, ses meubles récupérés. Et le végétalisme ? C’est elle qui l’a déclenché, il y a quatre ans, avec une phrase d’enfant devenue décision familiale : « Je ne veux plus manger d’animaux morts. » Marjorie en sourit aujourd’hui : « On fait de l’écologie en famille comme d’autres font du triathlon. » Une discipline quotidienne, donc, mais aussi une affaire de transmission.

Au nord de Montpellier, à Vailhauquès, Romain, 40 ans, Katia, 38 ans, et leur fille Anna, 7 ans, sont eux aussi venus à trois. Chez eux, les gestes sont concrets : toilettes sèches, récupération de l’eau, alimentation bio, déplacements réduits au maximum… Pas pour décrocher une médaille, mais avec l’idée de laisser quelque chose aux générations qui suivent. « On n’a pas de planète B et il faut accélérer le processus », insiste Romain.

Entre engagement quotidien et sentiment d’urgence

Chez eux, pourtant, l’engagement quotidien se heurte à une inquiétude grandissante. La canicule, les méga-feux, l’été « chaotique » qu’ils viennent de traverser ont renforcé le sentiment d’urgence. « On fait attention à tout et, malgré ça, on a l’impression que rien ne bouge. On ne comprend pas », souffle Romain. Parce que l’écologie domestique a ses limites. Romain, qui s’apprête à changer de métier (il était cordiste et va devenir ramoneur) se dit pacifique. Mais la patience, elle, commence à s’effriter. « À un moment, ça suffit. On va dans le mur, il faut que ça change et, au besoin, il faut forcer les gouvernements à changer. »

Samedi, le cortège a ainsi mêlé les revendications nationales aux préoccupations très quotidiennes des familles. Le collectif appelait à un plan d’urgence pour protéger les populations, à un plan d’adaptation des logements, des forêts et des ressources en eau, mais aussi à une accélération de la sortie des énergies fossiles. Sur l’Esplanade puis dans les rues de l’Écusson, les slogans ont donc côtoyé les poussettes, les enfants et les conversations familiales. Avec, derrière les pancartes, une même question : combien de temps encore peut-on demander aux individus de changer leurs habitudes quand ceux qui manifestent ont le sentiment que le changement collectif, lui, tarde à venir ?