L'administration de Donald Trump a reconnu cette semaine avoir annulé la publication d'un rapport de référence sur l'état de l'Arctique, un coup de plus porté à la recherche sur le climat aux États-Unis. Ce rapport annuel, publié chaque année depuis 2006, y compris en décembre dernier, ne sera pas publié en 2026. La NOAA, l'agence fédérale qui pilote ce rapport, a annoncé dans un communiqué que « la coordination du rapport sur l'Arctique 2026 ne sera pas faite par la NOAA », sans fournir de raison pour cet arrêt brutal.
Un rapport crucial pour mesurer le réchauffement de l'Arctique
Le rapport de décembre 2025 indiquait que l'Arctique avait connu son année la plus chaude jamais enregistrée. Cette zone de glace autour du Pôle Nord est considérée comme un baromètre du changement climatique. Twila Moon, l'une des trois auteurs du rapport ces dernières années, a appris la nouvelle lundi. Cette chercheuse à l'Université du Colorado à Boulder se dit « extrêmement déçue » de cette décision. Elle travaille avec d'autres coauteurs à « trouver une voie pour parvenir à publier un rapport sur l'Arctique en 2026 » sans le soutien du gouvernement fédéral.
Rick Spinrad, ancien patron de la NOAA, s'indigne auprès de l'AFP : « Ils imposent l'ignorance » alors que « l'Arctique est un baromètre du changement climatique ». Twila Moon souligne que « l'Arctique est la région de la planète qui se réchauffe le plus rapidement ».
Une offensive plus large contre la science climatique
Cet arrêt n'est que le dernier exemple d'une administration déterminée à s'attaquer à la recherche qui documente les impacts du changement climatique d'origine humaine. La semaine passée, les Académies nationales des Sciences, de l'Ingénierie et de la Médecine, un organisme scientifique indépendant, ont retiré de leur site un chapitre sur le changement climatique d'un ouvrage de référence destiné aux juges. Donald Trump avait qualifié mi-juillet ce chapitre de « biaisé et trompeur » et accusé l'institution d'être aux mains des « démocrates d'extrême gauche ».
Plus tôt cette année, l'administration Trump a abrogé le texte qui servait de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, permettant d'assouplir la régulation sur les émissions des véhicules. Elle a aussi tenté de démanteler un laboratoire du Colorado, référence mondiale pour la science du climat et la météo, mais a été freinée par une décision de justice.
Une communauté scientifique inquiète
La communauté scientifique s'inquiète de cette dynamique. La suppression du rapport sur l'Arctique prive les chercheurs d'une donnée essentielle pour suivre l'évolution du climat dans une région qui se réchauffe plus vite que le reste de la planète. Les auteurs du rapport tentent de trouver des solutions pour publier malgré tout les données en 2026, mais sans le soutien du gouvernement fédéral, la tâche s'annonce difficile.



