Climat : l'été 2026 marque un tournant, la classe politique reste dans l'immobilisme
Climat : l'été 2026 marque un tournant, la classe politique reste dans l'immobilisme

L'été 2026 a marqué un tournant : les incendies, la sécheresse et les canicules ont révélé l'ampleur du dérèglement climatique, mais la classe politique, selon l'économiste Guillaume Duval, continue de faire comme si de rien n'était. Dans une carte blanche publiée le 19 août 2026, l'ex-rédacteur en chef d'« Alternatives économiques » souligne que, contrairement à la crise financière de 2008 ou à la pandémie de Covid-19, cette crise ne sera pas un simple épisode à surmonter. Elle est permanente et va s'aggraver, rendant indispensable une action immédiate et massive.

Un été de tous les records

Guillaume Duval dresse un constat alarmant : les forêts meurent et brûlent, les fleuves sont asséchés, les centrales nucléaires sont à l'arrêt, les agriculteurs ne produisent quasiment plus rien, les bêtes crèvent dans les étables, les marchés manquent de salades et de légumes, les touristes ont disparu, et les villes deviennent invivables. Le chômage et l'inflation, déjà en hausse avant l'été, vont exploser à la rentrée.

Pourtant, le « business as usual » domine : Emmanuel Macron parade en jet ski à Brégançon, l'immigration occupe toujours les médias, on promet toujours plus de centrales nucléaires et de data centers, la FNSEA défend l'agriculture productiviste, et Édouard Philippe et Gabriel Attal se disputent la place. Le gouvernement de Sébastien Lecornu prépare un budget qui épargnera les plus riches et coupera dans les dépenses pour l'environnement, la santé et l'éducation.

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L'immobilisme politique face à l'urgence

L'économiste déplore que le débat public n'ait pas basculé vers l'écologie et l'adaptation, malgré les événements de l'été. Même la gauche et les écologistes n'arrivent pas à s'emparer du sujet, et c'est la force politique la plus antiécologique qui semble tirer profit de cette situation. Comme après 2008 et le Covid-19, les forces du « monde d'avant » s'appuient sur la volonté compréhensible d'éviter des remises en cause douloureuses, mais cette fois, on ne pourra pas tricher.

« On ne peut pas tricher avec la crise climatique », écrit Guillaume Duval. Contrairement aux crises précédentes, elle est permanente et ses conséquences sont incontournables. Elle va durer et s'aggraver. Pour survivre, la société française et l'humanité doivent atténuer le changement climatique et s'y adapter, en veillant à ce que ces deux volets se complètent.

Agir dès l'automne pour éviter le pire

L'économiste appelle à vaincre l'immobilisme écologique dès les prochains mois. Il estime que si l'élection présidentielle de l'an prochain devait aboutir à la poursuite du « désastre macroniste » ou à la victoire de l'extrême droite, nous perdrions au moins cinq années dans la course contre la montre. Il plaide pour une impulsion publique puissante, mais pas pour un étatisme généralisé, plutôt pour une mobilisation de toutes les forces sociales, comparable à la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale.

Guillaume Duval, coprésident du club Maison commune et ancien speechwriter de Josep Borrell, conclut que chacun et chacune peut et doit agir dès cet automne pour changer la donne avant qu'il ne soit trop tard.

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