Climat: les Azuréens veulent fuir vers la Bretagne
Climat: les Azuréens veulent fuir vers la Bretagne

Plus d'une centaine de locataires et propriétaires des Alpes-Maritimes ont répondu à notre appel à témoins « Vous envisagez de déménager de la Côte d'Azur à cause des fortes chaleurs ? Racontez-nous », lancé ce lundi 10 août 2026. La Bretagne arrive en tête des destinations envisagées pour fuir le réchauffement climatique, selon les réponses recueillies par Nice-Matin.

Des températures extrêmes et des nuits sans répit

Cet été 2026 est marqué par des températures particulièrement élevées en Côte d'Azur. Les témoignages affluent de Nice à Peymeinade, en passant par Cagnes-sur-Mer, Mandelieu, Saint-Jeannet, Antibes et Cannes. Les répondants décrivent « un thermomètre qui ne descend plus en dessous de 30 pendant tout l'été », une saison « de plus en plus subie », « l'impossibilité d'avoir des activités, de profiter des vacances et de dormir correctement durant 3 voire 4 mois », « pas moyen de reprendre des forces et c'est usant », « les températures qui grimpent inexorablement sans espoir d'inversion », ou encore « la chaleur humide insupportable ».

Les décideurs locaux épinglés pour leur inaction

Au-delà des températures, les choix politiques sont souvent pointés du doigt. Une propriétaire à Nice dénonce « l'absence de mobilisation des élus contre le changement climatique ». Elle ajoute : « Le maire de Nice ne parle que de sécurité, d'immigration mais son silence est assourdissant sur le volet écologique ! Aucune mesure de réduction de la place de la voiture en ville, des nuisances. Les parcs et espaces verts ouvrent à 8 h 30 mais c'est trop tard le matin en période de canicule, et ils ferment à 20 heures quand on commence à respirer ! » Un autre propriétaire niçois parle de « politiques locales climaticides et un centre-ville invivable 5 mois par an ». Un habitant de Cagnes-sur-Mer dénonce, comme plusieurs autres, « une urbanisation absurde ».

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La Bretagne, destination plébiscitée

Parmi les Azuréens qui envisagent de fuir le département, une écrasante majorité a déjà une idée précise de sa destination. La Bretagne est de loin la plus citée, avec une vingtaine de répondants. « Là-bas, au moins, il y a encore des coins sauvages », souligne un propriétaire niçois. Le sud-ouest de la France, de Bordeaux à Biarritz, apparaît aussi comme une option convaincante. « J'aimerais aller vers l'océan », glisse un Niçois. La montagne est également identifiée comme une échappatoire plus fraîche : le Mercantour, les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes ou encore la Savoie sont cités à plusieurs reprises. Plus sporadiquement, on trouve l'Allier, le Maine-et-Loire, la Dordogne, l'Ardèche, l'Aveyron, le Vaucluse ou encore « le Nord » en général.

Certains envisagent un exil plus lointain

Face au mur climatique, certains habitants sont prêts à s'exiler encore plus loin. « Idéalement, il faudrait fuir à plus de 2 000 km, en Europe du Nord par exemple », juge un Niçois. Un autre résident de la capitale azuréenne table sur « la Suède ou la Norvège de mi-juin à mi-septembre, en télétravail ». Un autre envisage le nord de l'Italie. À Pégomas, un propriétaire souhaite mettre le cap sur l'Espagne, pays pourtant peu réputé pour sa fraîcheur. Une Mentonnaise souhaiterait déménager au Royaume-Uni. Plus philosophe, un Azuréen rêve tout simplement « de pôle Nord ».

Les habitants des Alpes-Maritimes qui envisagent de quitter le département à cause du changement climatique peuvent toujours prendre part à l'enquête en remplissant le formulaire en ligne.

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