Canicules à Nice : explosion des demandes de pompes à chaleur
Canicules à Nice : explosion des demandes de pompes à chaleur

Christophe Doret, électricien et poseur de pompes à chaleur à Nice, constate une explosion des demandes depuis février 2026. « Le téléphone sonne beaucoup en ce moment », témoigne-t-il. Son chef de projet digital, Rayan Polizzi, précise : « En mai, nous avons enregistré quarante demandes pour des installations de climatisation. Et rien qu’aujourd’hui [mardi 23 juin], trois. »

Un changement de discours radical

En quinze ans d'exercice, Christophe Doret a vu les mentalités évoluer. « Au début, une partie des clients disaient qu’ils ne voulaient pas mettre de clim parce qu’ils n’en avaient pas besoin, qu’ils se débrouillaient avec un ventilateur, ou pour des raisons écologiques. Mais le discours a changé. Ce sont les mêmes qui, désormais, me contactent pour s’équiper parce qu’ils supportent de moins en moins bien la chaleur. » Il ajoute : « Je n’entends plus personne remettre en cause le changement climatique. »

Des épisodes caniculaires plus fréquents

Selon le professionnel, les épisodes de canicule sont « plus fréquents, plus longs » et la population âgée prend conscience des risques sanitaires. « J’entends chaque jour des gens me dire “ça ne va pas aller en s’améliorant” », rapporte-t-il.

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Le coût comme nouvel argument

Au-delà du confort, le coût devient un moteur. « Une pompe à chaleur permet de refroidir l’été mais aussi de chauffer l’hiver. De plus en plus de particuliers passent à ce système face aux augmentations des prix du gaz et du fioul », explique Christophe Doret. Même les résidents en copropriété avec chauffage collectif s'y mettent : « Ce n’est plus un frein. Certains anticipent le changement de chaudière à venir dans leur immeuble. D’autres trouvent que l’allumage arrive trop tard en automne et s’arrête trop tôt au printemps. »

Des technologies adaptées aux contraintes urbaines

Les innovations techniques facilitent l'installation. « Désormais, on peut proposer des monoblocs permettant d’éviter de mettre les compresseurs en façade, ce qui n’est pas toujours autorisé. J’en ai posé beaucoup dans le Vieux-Nice ; on ne s’en rend pas compte mais ce quartier est tout de même équipé », assure le climaticien. La puissance reste limitée à environ 35 m². Pour les règles en vigueur, notamment en zone Unesco, il conseille de se renseigner auprès de son syndic.

Une demande qui devrait encore croître

Les chantiers s'enchaînent. « C’est pour le moins intense en ce moment », confie Christophe Doret. Rayan Polizzi anticipe une hausse supplémentaire : « Nous nous attendons à recevoir encore beaucoup d’appels ces jours-ci. Il est possible qu’il y ait davantage de demandes quand le pic de chaleur sera passé et que les habitants en auront eu assez de souffrir. »

L'importance de l'entretien annuel

Christophe Doret insiste sur la nécessité d'un entretien annuel. « Deux raisons à cela : d’abord la santé. Si le filtre est obstrué, qu’il y a des champignons, des spores seront projetées en même temps que l’air froid. Ensuite, une explication technique : l’encrassement va empêcher le bon fonctionnement, ça soufflera moins, en fatiguant le moteur et en consommant plus d’électricité. »

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