Canicules : le Rance à sec, restrictions dans le Saint-Affricain
Canicules : le Rance à sec, restrictions dans le Saint-Affricain

Le Rance est à sec à la base de loisirs de Saint-Sernin-sur-Rance, plaçant le bassin-versant en niveau crise. Le Dourdou est en alerte renforcée, tandis que la Sorgue et le Cernon sont en vigilance. Ces mesures, prises par la préfecture de l'Aveyron, visent à préserver les usages prioritaires face à la sécheresse qui sévit depuis le printemps.

Une sécheresse hydrologique marquée

Depuis le printemps, les canicules s'enchaînent en France et donc dans le Saint-Affricain, entraînant des conséquences sur les débits des rivières et des cours d'eau du secteur. La préfecture de l'Aveyron a déjà publié cinq communiqués de presse détaillant l'évolution des mesures de restrictions.

« Après ces différents épisodes de canicule sur les eaux souterraines, on participe au comité sécheresse de la direction départementale des territoires qui a lieu toutes les semaines, explique Christophe Apolit, hydrogéologue au parc naturel régional des grands causses (PNRGC) en charge du suivi qualitatif et quantitatif de la ressource en eaux souterraines au niveau du parc. Les mesures sont prises collégialement en croisant toutes les informations de l'État, de l'Office français de la biodiversité, des bassins-versants, des syndicats de l'eau, etc. Et ce pour prendre les différents arrêtés par secteurs géographiques. Tout le territoire n'est pas équipé de stations de mesure. »

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Des niveaux bas constatés dans les rivières

Le détail des mesures prises par la préfecture, commune par commune ou à une adresse précise, est consultable sur le site vigieau.gouv.fr. Pour l'instant, en Aveyron, concernant le particulier, il n'y a pas de tension forte sur la ressource en eau potable. Sur la carte interactive du site vigieau, le département est l'un des rares en France à ne pas être impacté.

« Sur le grand Saint-Affricain, les restrictions les plus sévères sont sur le milieu naturel car il y a une vraie sécheresse hydrologique, explique Christophe Apolit. Depuis les dernières précipitations significatives, en avril et début juin, selon les secteurs, les niveaux baissent dans les rivières. C'est pour cela que des mesures de restriction sont prises. D'une manière générale, sur le grand Saint-Affricain, j'attire l'attention du public. Car même s'il n'y a pas de restriction sur l'eau du robinet, il faut avoir du bon sens pour limiter la consommation en eau. Toute l'eau non utilisée n'est pas prélevée dans le milieu naturel. »

Des flaques « ici et là » au niveau du Rance

Sur la carte interactive, tout le bassin-versant du Rance est de couleur rouge, c'est-à-dire au niveau crise, concernant les prélèvements dans les cours d'eau et les nappes. Le secteur concerné va de Couffouleux, à Belmont-sur-Rance, Saint-Sernin-sur-Rance et La Bastide-Solages. À Saint-Sernin, le Rance est à sec au niveau de la base de loisirs de la chaussée du lapin. Il ne coule plus. Il ne reste que quelques flaques ici et là.

En cliquant sur la zone concernée apparaît le détail de toutes les mesures de restrictions préfectorales. « Le niveau crise est déclenché pour préserver les usages prioritaires, indique Christophe Apolit. Cela veut dire interdiction des prélèvements en eau pour l'agriculture (totalement ou partiellement), ainsi que pour de nombreux usages domestiques et pour les espaces publics. » Le respect des restrictions est obligatoire sous peine de recevoir une amende de 1 500 €.

Le Dourdou vulnérable, la Sorgue et le Cernon en vigilance

Le bassin-versant du Dourdou est en alerte renforcée. « Le Dourdou est très vulnérable, souligne Christophe Apolit. Il est très peu réalimenté par des sources. Pour faire simple, c'est un cours d'eau qui est alimenté par les eaux de ruissellement principalement. Sur les secteurs du Dourdou de Camarès aval et le secteur de la Sorgue, on est juste en vigilance. »

« Pour l'instant, selon Météo France, il n'y a pas de précipitations en vue dans les prochains jours. Le scénario actuel c'est que les débits des sources et des cours d'eau vont continuer à baisser. Il faut adapter ses usages pour anticiper les semaines à venir. Car c'est primordial », relate Christophe Apolit.

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La Sorgue : une source qui maintient le débit

Concernant le bassin-versant de la Sorgue, la source contribue à maintenir le débit d'étiage. Sur ce secteur-là, c'est la vidange des nappes aquifères karstiques du Larzac qui contribue à maintenir un bon débit. « Il y a eu une très bonne recharge en début d'année sur ces nappes souterraines, notamment en février dernier, précise Christophe Apolit, hydrogéologue au Parc naturel régional des Grands causses. Elle a été suivie d'un trimestre déficitaire avec beaucoup moins de précipitations. Au bilan, ce que l'on voit sur ces sources, c'est que l'excédent du premier trimestre a été consommé. Aujourd'hui, on constate que, globalement, le niveau des sources est dans la moyenne sur ce secteur-là. On est en vigilance, c'est le premier niveau d'alerte. Il n'y a pas de restriction sur le milieu naturel mais une incitation des particuliers et des professionnels à économiser l'eau. En résumé, c'est une sensibilisation, mais pas de restriction pour le moment sur le milieu naturel. »

Le Cernon : vigilance sans restriction

Concernant le bassin-versant du Cernon, le secteur est en vigilance concernant la rivière. Pas de restriction pour le moment. Sur le site vigieau.gouv.fr, sont mentionnés, secteur par secteur, des conseils sur la manière de réduire sa consommation d'eau.

S'informer sur vigieau.gouv.fr

Pour s'informer sur les restrictions d'eau en période de sécheresse, il est possible de se connecter sur le site vigieau.gouv.fr. Il suffit de renseigner son profil de consommateur d'eau (particulier, professionnel, collectivité ou exploitation agricole), le type d'eau consommé (robinet, cours d'eau et rivière, nappes, puits ou forage). Concernant les puits et les forages, les restrictions sont les mêmes que pour les cours d'eau et les rivières. Puis, il faut indiquer son adresse ou situer un lieu sur la carte interactive. Sur ce site, les informations sont mieux lisibles et compréhensibles que sur les arrêtés préfectoraux.