Canicule : Masson-Delmotte dénonce l'invisibilisation des morts âgées
Canicule : Masson-Delmotte dénonce l'invisibilisation des morts âgées

Valérie Masson-Delmotte, climatologue et ancienne coprésidente d'un groupe de travail du Giec, a exprimé ce mardi 23 juin 2026 à l'AFP ses craintes quant à l'invisibilisation de la surmortalité des personnes âgées durant l'épisode caniculaire qui frappe la France. Elle appelle à des mesures structurelles, ancrées dans les valeurs républicaines.

Une surmortalité passée sous silence

« Ma grande peur, c’est que comme les années précédentes, on rende invisible la surmortalité des personnes âgées, notamment les vieilles dames. L’année dernière, c’est 5.700 morts quand même, et pas un portrait, pas un hommage, rien », a déploré la scientifique. L'été 2025, parmi les plus chauds jamais observés en France, a connu quatre épisodes de canicule touchant près de 80 % de la population. Selon le gouvernement, plus de 24.000 passages aux urgences liés à la chaleur ont été enregistrés, et environ 5.700 décès attribués à l'exposition aux fortes chaleurs, soit plus de 3 % de la mortalité estivale.

Des mesures d'urgence insuffisantes

Pour Valérie Masson-Delmotte, il est temps de prendre des mesures autour de « projets structurés, ancrés dans la réalité », en se demandant « qui on protège, qu’est-ce qu’on met en priorité, comment on finance ». Ces mesures doivent également être ancrées « dans les valeurs de la République », car une canicule « s’attaque à la liberté, la liberté de circuler par exemple, mais aussi à l’égalité et à la fraternité : que fait-on de nos aînés qui souffrent de la chaleur ? ».

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Des effets d'annonce sans vision claire

La climatologue déplore que « quand une crise comme celle-ci survient, il y a des effets d’annonces, une grande débrouille. On promet des ventilateurs, on débloque des budgets… Ce qui fait défaut, c’est une vision claire ». Elle observe que les responsables politiques réduisent « la question de l’adaptation à un problème binaire », notamment la climatisation, sujet de discorde entre candidats à l'élection présidentielle. « Tout le monde se jette dessus et on évacue tous les sujets de fond, alors qu’on sait ce qu’on peut faire, on sait ce qu’il faut faire, on sait que les solutions reposent sur un éventail de choix et ne sont pas simplistes. »

Un décalage entre discours et actes

Valérie Masson-Delmotte note un décalage « entre ce qui est dit sur les plateaux et les votes au Parlement ou les budgets qui sont décidés », citant les votes au Parlement européen visant à démanteler le Green Deal. Ce décalage « n’est pas relevé par les journalistes lorsqu’ils donnent la parole à des politiques dont certains pourraient arriver au pouvoir l’année prochaine », regrette-t-elle.

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