À chaque canicule, la même rengaine : des comparaisons avec les épisodes de chaleur des années précédentes fleurissent sur les réseaux sociaux, dans le but de minimiser ou nier le réchauffement climatique. Ainsi, la situation actuelle est régulièrement comparée à l'épisode de chaleur que la France a connu il y a cinquante ans, en 1976.
Des affirmations trompeuses sur les réseaux sociaux
Selon un internaute, « le pire aurait été atteint » cette année-là. Dans une publication Facebook, la carte du « j’ai survécu à la canicule 1976 » est brandie, et l’épisode actuel y est qualifié de « caniculette ». Sur X, un autre post affirme : « En 1976, il y a eu plus de 6 mois de canicule. A-t-on arrêté le pays pour autant ? Non ». Sauf que sur de nombreux points, l’épisode de chaleur de 1976 n’est pas comparable à la canicule que nous connaissons actuellement.
Retour sur la vague de chaleur de 1976
Christine Berne, climatologue à Météo-France, rappelle que la vague de chaleur de 1976 a touché la France « du 23 juin au 6 juillet, soit quatorze jours ». Les températures avaient commencé à monter dès le mois de mai, avec une chaleur intense jusqu’à la mi-juillet. « Dans le contexte de 1976, c’était un événement très exceptionnel, très remarquable », ajoute-t-elle, notamment en raison de la sécheresse importante due au manque de pluies. « De décembre 1975 à août 1976, les précipitations avaient été déficitaires », souligne-t-elle.
Des intensités incomparables
Pour autant, « au niveau de l’intensité, l’épisode de chaleur d’il y a cinquante ans n’est pas comparable avec celui que l’on connaît actuellement ». Alors que la température maximale moyenne sur le territoire national était de 25,5 °C en 1976, il faut ajouter près de cinq degrés pour l’épisode actuel (30 °C), indique la climatologue. En matière de sévérité – le cumul de chaleur perçue sur la durée de l’épisode –, la comparaison ne tient pas non plus. « La canicule de 1976 est d’ores et déjà beaucoup moins remarquable que celle qu’il y a actuellement », relève Christine Berne. « On se dirige plutôt vers une canicule comparable à celle d’août 2003, avec plus de précocité toutefois ! »
Des épisodes exceptionnels appelés à se répéter
Invitée de France Inter ce lundi, l’ancienne membre du Haut conseil pour le climat Magali Reghezza-Zitt a rappelé que ces épisodes qualifiés d’« exceptionnels » le seront de moins en moins. « Les années les plus fraîches de notre avenir sont probablement celles que nous vivons actuellement », résume-t-elle.



