« L'homme ne croit pas à l’apocalypse qu’il fabrique. Et pourtant nous avançons déjà vers le désastre. » Cette phrase de René Dumont, premier candidat écologiste à une élection présidentielle, résonne aujourd'hui chez ses descendants. Noël Mamère, figure historique des Verts et ancien maire de Bègles, revit « au moins physiquement » l’année 2003.
Un été meurtrier
En août 2003, une canicule exceptionnelle frappe la France. Paris atteint 39°C, et le bilan humain est terrible : près de 15 000 morts en quelques semaines. À l'époque, Noël Mamère était déjà monté au créneau pour alerter sur les causes de cette catastrophe. « Je n'ai rien entendu sur les causes de cette canicule qui n'est pas un accident mais qui est un avant-goût du bouleversement climatique que nous sommes en train de connaître, qui a sans doute des raisons naturelles mais qui a aussi des raisons liées à l'activité humaine (...) : l’effet de serre », déclarait-il alors sur un plateau télé.
Un cri d'alarme ignoré
Vingt ans plus tard, Noël Mamère constate que le message n'a pas été entendu. Il rappelle que René Dumont, dès 1974, prévenait des conséquences du productivisme et de la surconsommation. « Nous avons perdu du temps, et les événements climatiques extrêmes se multiplient », déplore-t-il. Pour lui, la canicule de 2003 n'était pas un accident isolé, mais bien un signe avant-coureur du dérèglement climatique actuel.
Un héritage toujours d'actualité
L'ancien maire de Bègles insiste sur l'urgence d'agir. « Les scientifiques nous alertent depuis des décennies. Il est temps de passer des paroles aux actes », affirme-t-il. Alors que les températures mondiales ne cessent d'augmenter, les propos de René Dumont et de Noël Mamère résonnent comme une mise en garde toujours valable. La canicule de 2003 reste un tragique rappel des conséquences du changement climatique.



