Face aux défis du réchauffement climatique et des crises à répétition, le modèle de l'État-providence, conçu pour réparer après coup, montre ses limites. C'est le constat dressé par une tribune publiée dans Le Monde le 16 août 2026, qui appelle à construire une « société de la prévoyance » capable de prévenir les chocs plutôt que de les subir.
Un changement de paradigme nécessaire
Les auteurs de la tribune, dont les signatures n'ont pas été précisées, estiment que l'État-providence, fondé sur la solidarité et la réparation, doit évoluer vers un système qui anticipe les risques. Ils soulignent que le réchauffement climatique, avec ses conséquences en cascade (canicules, inondations, sécheresses), exige une transformation profonde de nos politiques publiques.
Selon eux, la société de prévoyance reposerait sur trois piliers : la prévention, l'adaptation et la résilience. Il ne s'agit plus seulement d'indemniser les victimes, mais de réduire la vulnérabilité des territoires et des populations. Concrètement, cela impliquerait de repenser l'aménagement du territoire, les infrastructures, la gestion de l'eau ou encore la formation aux métiers de demain.
Des exemples concrets pour illustrer la démarche
La tribune cite l'exemple des Pays-Bas, qui ont développé une culture de la prévention des inondations, ou encore celui de la ville de Copenhague, qui a mis en place des solutions fondées sur la nature pour absorber les pluies torrentielles. Ces cas montrent qu'il est possible d'agir en amont, à condition d'investir massivement dans la recherche et l'innovation.
Les auteurs insistent également sur la nécessité de mobiliser les acteurs économiques et les citoyens. La société de prévoyance ne saurait être l'affaire des seuls pouvoirs publics. Elle appelle à une responsabilisation individuelle et collective, à une nouvelle forme de contrat social où chacun contribue à la sécurité commune.
Un appel à l'action politique
La tribune conclut sur un appel aux décideurs politiques : il est temps de sortir de la logique de la réaction pour entrer dans celle de l'anticipation. Les auteurs plaident pour la création d'un « fonds de prévoyance » dédié au climat, abondé par une fiscalité écologique, et pour la mise en place d'indicateurs de vulnérabilité dans toutes les politiques sectorielles.
Cette proposition intervient dans un contexte où les effets du dérèglement climatique se font de plus en plus sentir, et où les dépenses liées aux catastrophes naturelles ne cessent d'augmenter. Selon la tribune, chaque euro investi dans la prévention permettrait d'économiser plusieurs euros en réparation. Un argument économique qui pourrait convaincre les plus réticents.
Reste à savoir si cette vision sera entendue par le gouvernement. Les auteurs espèrent que ce débat s'invitera dans la campagne électorale à venir, et que la société de prévoyance deviendra un thème central du débat public. En attendant, ils appellent les citoyens à se saisir de cette question et à interpeller leurs élus.



