Quarante degrés Celsius tout rond. Le cap symbolique a été atteint aux Arcs-Draguignan ce dimanche 21 juin, jour de solstice d'été et de fête de la musique. Dans le Var comme dans les Alpes-Maritimes, le jour le plus long a aussi été le plus chaud. Ces deux départements sont passés en vigilance orange canicule ce lundi midi, tandis que 49 autres voyaient rouge.
Une montée en puissance progressive
Le mercure a commencé à flamber dès le 17 juin. Ce mercredi-là, dans le centre Var, les températures atteignent 35,7 °C au Luc et aux Mayons, 35,8 °C à Varages, et 35,9 °C à Cogolin. Aux Mayons, au pied du massif des Maures, le thermomètre monte à 36,6 °C le jeudi 18 juin, puis à 37,1 °C le 19 juin.
« Pendant ce temps, c'était bien plus frais à Nice, car des brises marines y limitent l'augmentation de la température », remarque Georges Alcalde, prévisionniste chez Météo France à Aix-en-Provence. À l'aéroport de Nice, on a relevé jusqu'à 26,3 °C le 19 juin, puis 28,2 °C le lendemain. Entretemps, le mercure a grimpé à 32 °C à Antibes, 32,3 °C à Carros et 35,2 °C à Lantosque.
Week-end suffocant et records approchés
Le week-end du 20-21 juin, le mercure s'emballe. Le samedi, il flirte avec les 39 °C aux Arcs et à Cogolin, tandis qu'il grimpe à 34 °C à Toulon. Dans les Alpes-Maritimes, Sophia Antipolis connaît un pic à 34,6 °C. Dimanche, le fameux cap des 40 °C est atteint aux Arcs-Draguignan. Le Luc n'est pas loin avec 39,6 °C. Dans les Alpes-Maritimes, il fait particulièrement chaud à Carros (37,1 °C), Lantosque (37 °C) ou Saint-Cézaire-sur-Siagne (33,3 °C), tandis qu'on recense 30,1 °C à Nice.
Ce dimanche, les normales de saison ont été pulvérisées de près de cinq degrés à Nice et de dix aux Arcs. Néanmoins, « on est loin des records », tempère Georges Alcalde. À Nice, le record est de 36,8 °C le 29 juin 1948. Aux Arcs, on se souvient du 41,3 °C du 27 juin 2019. Le lendemain, le Gard signait le record national historique avec près de 46 °C.
Une vigilance orange plutôt que rouge
Les températures restent élevées la nuit, à l'image des 23 degrés entre dimanche et lundi à Nice. Le terme « canicule » implique que ce phénomène dure plus de trois jours. « Mais les critères de vigilance varient d'un département à l'autre. À températures égales, nous sommes plus acclimatés que d'autres », note Georges Alcalde. Ceci explique que la préfecture ait opté pour une vigilance orange plutôt que rouge.
Cette vigilance reste de mise au moins jusqu'à mercredi inclus. La faute, selon Georges Alcalde, à « une dépression à l'ouest du Portugal, qui aspire l'air très chaud en provenance du Sahara et l'envoie vers l'Espagne et la France ». Pas d'amélioration en vue avant vendredi. Les nuits devraient ainsi rester « tropicales », notamment à Nice (26 °C). L'épisode devrait donc durer au moins dix jours. Un cas « assez exceptionnel, surtout au mois de juin ».
Des vagues de chaleur de plus en plus précoces
Cette vague de chaleur « suit un épisode déjà important en mai, particulièrement précoce, remarque Antoine Nicault, coordinateur du Grec-Sud (groupe régional d'experts sur le climat en région Paca). Désormais, on se demande combien de vagues de chaleur on va en avoir dans l'année, quelles seront leur durée et leur intensité. Plus elles sont précoces, plus elles ont d'impact ». S'il joue les prolongations, l'épisode en cours se rapprochera de la canicule de l'été 2003.
« On sait que dans le futur, ces valeurs vont continuer à augmenter. La question n'est plus de savoir si on va dépasser les 50 degrés en France, mais quand », prévient Antoine Nicault. Depuis les années 60, les températures moyennes ont gagné 2,3 degrés dans la région. « Il y a un consensus pour dire que c'est presque exclusivement lié aux activités humaines : énergies fossiles, agriculture intensive, déforestation…, égraine-t-il. Cela change le système en profondeur. Il faut que le réchauffement climatique devienne un enjeu de société. Plus on attend, plus ce sera compliqué ».



