Vélo-Cité mobilise les candidats bordelais autour de 40 propositions ambitieuses
À l'approche des élections municipales, l'association Vélo-Cité a lancé une initiative majeure pour orienter le débat sur la mobilité cyclable dans la métropole bordelaise. L'organisation a soumis un plaidoyer de 40 propositions concrètes, articulées autour de sept thématiques prioritaires, aux 73 listes candidates sur les 95 en lice. Ce document, élaboré en collaboration avec six associations partenaires, vise à clarifier les engagements des futurs élus en matière de politique vélo.
Un taux de réponse contrasté avec des disparités géographiques marquées
Sur les 73 listes sollicitées, 35 ont pris le temps de répondre aux propositions de Vélo-Cité, soit un taux de participation global de près de 48%. Virginie Simonnet, membre de Vélo-Cité et coprésidente du plaidoyer, souligne cependant que « le taux de réponse atteint 59% parmi les équipes sortantes, et nous avons obtenu des réponses de candidats ayant de fortes chances de siéger dans les futurs conseils municipaux ». Cette démarche pédagogique permet aux électeurs de mieux cerner les positions des différents candidats sur des questions cruciales de mobilité urbaine.
L'analyse des réponses révèle une forte disparité géographique au sein de la métropole. Alors que la rive gauche affiche un taux de réponse de 58%, la rive droite ne dépasse pas les 20%. Olivier Michaud, coprésident de Vélo-Cité en charge des activités associatives, précise que « les candidats peuvent s'engager, refuser ou nuancer chaque proposition, et il est souvent instructif d'examiner le détail de leurs réponses ».
La proposition la plus controversée : réduire le stationnement voirie
Parmi les 40 propositions, celle suscitant le plus de réticences concerne l'augmentation de l'espace dédié aux modes actifs au détriment du stationnement en voirie, avec 43% des répondants qui la refusent catégoriquement. Olivier Michaud estime que « cette mesure relève du courage politique et transcende les traditionnels clivages gauche-droite ». Elle pose fondamentalement la question de l'équilibre à trouver entre la place du vélo, celle de la voiture et le développement des transports en commun.
Dans la thématique « intermodalité et stationnement », Virginie Simonnet constate que « les listes des communes de seconde couronne ont presque systématiquement déclaré que leur ville n'était pas concernée, et les candidats se positionnent rarement en tant que futurs conseillers métropolitains ».
Un suivi rigoureux promis pour les engagements post-électoraux
Vélo-Cité s'engage à assurer un suivi régulier des prises de position des élus une fois aux affaires. Ce contrôle citoyen est d'autant plus crucial que la part modale du vélo dans la métropole bordelaise n'était que de 8% en 2025. Le troisième Plan vélo métropolitain ambitionne pourtant d'atteindre 18% d'ici 2030, un objectif ambitieux qui nécessitera des actions concrètes et coordonnées.
Pour y parvenir, la Métropole poursuit le déploiement du Réseau vélo express (ReVE), dont 80% des projets sont déjà programmés. Ce réseau vise à offrir aux cyclistes des trajets rapides, sécurisés et continus sur des voies principalement réservées aux vélos, même si certaines sections sont partagées avec les bus. L'année 2026 devrait voir la réalisation de nombreux tronçons supplémentaires, alors que seulement 23% du ReVE est actuellement achevé selon le suivi réalisé par Vélo-Cité.
Cette initiative citoyenne démontre l'importance croissante des enjeux de mobilité durable dans le débat public bordelais, et la volonté des associations de tenir les futurs élus responsables de leurs engagements envers une ville plus cyclable.



