Une semaine sans électricité après le passage de la tempête Nils
Une semaine après le passage dévastateur de la tempête Nils, le mercredi 11 février au soir, la situation reste critique pour de nombreux habitants et professionnels au sud de Marmande. Des dizaines de personnes attendent toujours le retour du chauffage, de la lumière et du courant électrique, dans une attente qui semble interminable.
L'attente interminable des techniciens d'Enedis
Dans plusieurs villages de la région, les particuliers et les entreprises n'ont qu'une seule phrase à la bouche : attendre que l'eau se retire pour voir les techniciens d'Enedis leur remettre le courant. Jean-Philippe, résident à Saint-Pardoux-du-Breuil, fait partie des malchanceux. Il habite l'une des deux maisons du village encore privées d'électricité.
« Tout ce qui restait dans mon congélateur est perdu », se désole cet informaticien, contraint d'abandonner son domicile lorsque les eaux ont monté le samedi, endommageant le boîtier Enedis de son quartier.
Une solidarité concrète face à l'adversité
Face à cette situation critique, des initiatives solidaires voient le jour. L'entreprise Marmande réceptions a ouvert ses portes depuis le jeudi 12 février, offrant une solution inattendue aux sinistrés. Six foyers du secteur ont déjà opté pour cette alternative proposée par la société marmandaise.
Frédéric Verdier, le gérant, explique : « Nous avons branché plusieurs congélateurs exprès pour que les personnes impactées par Nils viennent stocker leurs denrées ici. »
Des sauvetages alimentaires insolites
Les demandes sont variées et parfois surprenantes. Une habitante de Fauguerolles, hébergée chez des proches, est venue entreposer un cochon découpé en plusieurs morceaux, en pleine période de tue-cochon. D'autres ont voulu sauver des glaces à l'eau, montrant l'urgence de préserver toute nourriture disponible.
L'entreprise ne facture pas l'électricité pour ce prêt exceptionnel, mais demande une participation de 50 euros pour la location des appareils électroménagers pendant toute la durée de la crise.
L'incertitude face à la tempête Pedro
« Certains sont venus récupérer leur viande, d'autres attendent de voir avec la tempête Pedro qui s'annonce ce mercredi 18 février », poursuit Frédéric Verdier, présent avenue Hubert-Ruffe depuis 2013. Alors que le soleil commence à réapparaître, une nouvelle urgence se présente sur le parking de l'entreprise route de Tonneins : une chambre froide de plus de 500 kilos.
« C'est celle de Chez Marcel, restaurateur à Lagruère qu'on a récupérée en urgence », confie le gérant.
La Saint-Valentin gâchée pour un restaurateur
Marcel Boudia, restaurateur à Lagruère, avait préparé avec soin une ouverture anticipée pour la Saint-Valentin. Son établissement, qui régale habituellement les clients de la halte nautique et les touristes de mars à octobre, devait rouvrir ses portes.
« Les clients n'arrêtaient pas de m'écrire pour savoir quand on revenait alors nous étions cinq sur le pont, à tout préparer. Nous avions fait le plein de nourriture pour les services du samedi 14 au soir et du dimanche midi qui étaient complets », expose-t-il.
Les conséquences désastreuses pour les commerces
Mais la tempête Nils en a décidé autrement. La halte nautique, située en bord de canal, a été entièrement privée d'électricité. Le restaurateur a dû évacuer sa chambre froide par précaution, craignant qu'elle ne prenne l'eau.
Celui qui a repris l'établissement en 2024 envisageait de proposer ses plats du jour dès le mardi 17 février, mais doit maintenant attendre que les eaux baissent pour tout raccordement.
« Cela peut prendre plusieurs semaines avant que le réseau revienne. On pourrait proposer grillades et braseros sur une journée mais après, je ne sais pas… », se désole Marcel Boudia, impatient de remettre le couvert et de retrouver une activité normale.
Cette situation met en lumière la vulnérabilité des infrastructures face aux intempéries et l'importance cruciale des réseaux de solidarité locaux dans les moments de crise. Alors que la tempête Pedro menace à son tour la région, les habitants et professionnels du Marmandais restent sur le qui-vive, espérant un retour à la normale le plus rapidement possible.



