Tempête Nils : deux mois après, des sinistrés de Floirac toujours sans voiture
Tempête Nils : des sinistrés sans voiture depuis deux mois

Dans la nuit du 11 au 12 février dernier, une grande partie de la Gironde s’endormait sous les rafales de vent de la tempête Nils, qui causait des dégâts importants dans de nombreux foyers. Plus de deux mois après la catastrophe, certains attendent encore des réparations. À Floirac, Canh-Dat et Élodie Nguyen, un couple de retraités d’origine vietnamienne, en font encore les frais. Avec le puissant effet du vent, un arbre est tombé sur un mur séparant le jardin du couple d’un terrain vague. Dans un effet domino, le mur est lui tombé sur le carport abritant la voiture des retraités. Depuis, la petite Renault Clio est condamnée sous le poids de son abri, et du mur en pierre qui s’est écroulé.

Un quotidien bouleversé

« Depuis deux mois, quasiment rien n’a bougé », déplore Vu Son Nguyen, l’un des dix enfants du couple. Ces derniers se relaient comme ils peuvent depuis le mois de février, pour venir en aide à leurs parents. « Cette voiture, c’est leur seul moyen de déplacement. Ils ne peuvent même plus aller faire les courses », détaille l’avant-dernier de la fratrie. Lui est descendu de Paris pour quelques jours, pour soulager ses frères et sœurs qui habitent en région bordelaise. Le couple de retraités ne peut plus se déplacer depuis l’immobilisation de leur voiture.

Une procédure qui s’éternise

« Ils nous abandonnent », ajoute Thuy Pires, une des sœurs de Vu Son Nguyen. Elle habite à Villenave-d’Ornon et vient rendre visite à ses parents plusieurs fois par semaine en attendant que la situation soit réglée. Le terrain qui jouxte la maison des Nguyen, sur lequel l’arbre était planté, appartient depuis quelques années à Bordeaux Métropole, après la destruction de l’école Albert-Camus en 2023.

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Le 16 mars dernier, un mois après le sinistre, les experts des différentes compagnies d’assurances concernées se sont réunis pour constater la situation. Depuis cette date, et malgré plusieurs relances, rien n’avance. « On nous dit que la procédure est en cours. Mais on a aucun délai, s’agace Vu Son Nguyen. Le mur est encore très fragile, le carport s’affaisse de plus en plus. Outre la contrainte pour mes parents, il y a un vrai risque que ça s’effondre. »

Des voisins également touchés

Des agents sont venus pour déblayer l’arbre tombé et élaguer un autre arbre qui, lui, est encore debout. Les débris sont toujours aux abords des habitations. « J’ai prévenu la mairie avant la tempête car les arbres bougeaient beaucoup avec le vent », regrette Josette Le Moële, une voisine. Son mur s’est aussi effondré après la tempête, sans aucune réparation depuis. « Tout le monde se rejette la balle et ça n’avance pas. En attendant, n’importe qui peut rentrer dans mon jardin », s’agace la retraitée. Elle déplore également des problèmes d’hygiène, avec l’arrivée de rats.

Des réponses insuffisantes

Contactée, la mairie de Floirac ne peut que « déplorer que les démarches soient longues » mais assure que la municipalité n’est pas « partie prenante dans ce sinistre », qui relève purement « des relations avec les assurances ». De son côté, Bordeaux Métropole n’était pas en mesure de répondre à nos sollicitations ce jeudi 23 avril.

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