Tartas face aux eaux : une commune en lutte contre les inondations persistantes
La commune de Tartas, dans les Landes, affronte depuis près d'une semaine les conséquences dévastatrices de la tempête Nils et de la crue de la Midouze. Ce mardi 17 février 2026, la situation reste préoccupante avec plus d'une centaine de foyers toujours privés d'électricité et plusieurs habitants contraints de quitter leurs logements envahis par les eaux.
Une montée des eaux lente mais implacable
Sur la place Aristide-Briand, les habitants observent, presque incrédules, la progression inexorable de la Midouze. « C'est du crachin. Ce n'est pas grand-chose, mais ça entretient tout ça », commente un riverain tandis qu'un autre précise : « Comme d'habitude ici, ça grimpe centimètre par centimètre ». À 11h30, la cote atteint 3,25 mètres, confirmant une montée des eaux aussi lente que persistante.
Les services techniques municipaux sont sur le pont depuis six jours, mobilisés pour installer des chemins hors d'eau permettant aux Tartasais de circuler et d'accéder aux commerces essentiels. Une équipe d'Enedis est intervenue ce matin pour effectuer des travaux de rétablissement électrique, comme l'explique le maire Jean-François Broquères.
Solidarité et solutions d'urgence
Face à cette crise, la municipalité a mis en place un dispositif complet d'assistance :
- Ouverture d'un gymnase municipal pour permettre aux sinistrés de prendre des douches et de boire des boissons chaudes
- Mise à disposition de repas chauds à l'Ehpad local
- Création d'une annexe pour stocker les congélateurs des personnes touchées et éviter le gaspillage alimentaire
- Distribution de groupes électrogènes selon les situations les plus critiques
Quatre personnes ont dû être relogées en urgence, leurs habitations étant devenues inhabitables. « On est pleinement mobilisés, ainsi que les agents, qui réalisent un travail remarquable », insiste le premier magistrat, précisant que des astreintes ont été organisées pour rester au plus près des concitoyens.
Témoignages de sinistrés : la résilience face à l'adversité
Sandrine et Pascal, habitants de la rue Jean-Jaurès, ont dû abandonner leur maison dimanche dernier. Leur jardin n'est plus qu'une immense étendue d'eau et l'inondation a pénétré au rez-de-chaussée de leur domicile. « On a mis notre camping-car chez des amis. Notre fils, notre belle-fille et notre petite-fille de 13 mois ont été relogés en attendant le retour à la normale », raconte Sandrine, qui en est à sa troisième inondation depuis 2018.
Malgré l'épreuve, cette résidente fait preuve d'une résilience remarquable : « C'est la nature vous savez, il faut garder le moral, il y a des choses tellement plus graves dans la vie ». Elle vérifie néanmoins scrupuleusement que le compteur électrique a bien été disjoncté, une précaution essentielle pour éviter tout accident.
Une situation sous contrôle mais fragile
Le maire Jean-François Broquères assure que tout est sous contrôle, même si certains habitants manifestent leur impatience. « Il nous faut gérer l'impatience des gens. Il y a des maisons qui n'ont pas l'électricité alors que le voisin en a », reconnaît-il, évoquant même le cas singulier d'un habitant qui dispose de courant dans son garage mais pas dans le reste de son habitation.
Des passerelles ont été installées pour permettre aux riverains des zones inondées de sortir de chez eux. Les agents municipaux poursuivent leurs interventions, positionnant des parpaings au niveau des allées Marines où tout un dispositif est prévu en cas de nouvelles montées des eaux.
Perspectives incertaines
En fin de journée ce mardi, la cote atteignait 3,32 mètres. « Nous sommes dans le haut du spectre des crues, pas encore dans une crue exceptionnelle comme nous l'avons connu », tempère le maire. Il espère qu'il n'y aura pas d'autres évacuations, tout en restant prudent face au caractère capricieux de la Midouze, « un cours d'eau très irrégulier, avec un comportement singulier ».
L'épisode devrait s'étendre sur plusieurs jours encore, nécessitant ensuite une phase de nettoyage et de remise en état. « Il y a cinq ans, nous avions sollicité le soutien des autres collectivités. Nous en avions eu besoin de huit à quinze jours pour redonner son aspect normal à notre commune », rappelle Jean-François Broquères, conscient que le chemin vers le retour à la normale sera encore long pour les 3 000 habitants de Tartas.



