Séisme au Venezuela : peur de pénuries et situation catastrophique
Séisme au Venezuela : crainte de pénuries et crise

Un séisme de magnitude 6,8 a frappé le Venezuela le 5 juillet 2026, provoquant la panique parmi la population et ravivant les craintes de pénuries de biens de première nécessité. L'épicentre du tremblement de terre a été localisé à 20 kilomètres au nord-est de la ville de Cumaná, dans l'État de Sucre, à une profondeur de 10 kilomètres, selon l'Institut géologique des États-Unis (USGS).

Des dégâts matériels importants et des blessés

Les autorités vénézuéliennes ont rapporté au moins 12 blessés et des dégâts matériels significatifs, notamment l'effondrement de plusieurs bâtiments anciens dans les zones les plus proches de l'épicentre. Des glissements de terrain ont également été signalés dans les zones montagneuses, compliquant l'accès aux secours. Le président Nicolás Maduro a décrété l'état d'urgence dans les États de Sucre, Anzoátegui et Monagas.

« Avec ce séisme, j'ai peur qu'on connaisse à nouveau des pénuries au Venezuela », a déclaré María López, une habitante de Cumaná âgée de 54 ans, interrogée par l'AFP. « Nous n'avons déjà presque plus d'eau potable et les supermarchés sont vides. Ce tremblement de terre met en lumière une situation économique et sociale catastrophique », a-t-elle ajouté.

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Une économie déjà fragilisée

Le Venezuela traverse une crise économique profonde depuis plusieurs années, avec une inflation galopante et une pénurie de produits de base tels que la nourriture, les médicaments et le carburant. Selon la Banque centrale du Venezuela, l'inflation a atteint 1 500 % en 2025, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) estime que le PIB du pays a chuté de 75 % depuis 2013. Plus de 7 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays depuis 2015, selon l'ONU.

Le séisme survient dans un contexte de tensions politiques, avec une opposition qui conteste la légitimité du gouvernement Maduro. Les sanctions internationales, notamment celles des États-Unis, ont également contribué à l'isolement économique du pays. « Cette catastrophe naturelle va exacerber une situation déjà intenable », a commenté Juan Guaidó, figure de l'opposition, sur Twitter.

Les secours mobilisés, mais des moyens limités

Les autorités ont déployé des équipes de secours dans les zones sinistrées, mais les moyens sont limités en raison de la crise économique. « Nous faisons tout notre possible avec les ressources dont nous disposons », a déclaré le ministre de l'Intérieur, Remigio Ceballos, lors d'une conférence de presse. Des dons internationaux ont commencé à arriver, notamment de la part de la Chine et de la Russie, alliés du gouvernement vénézuélien.

L'Organisation des Nations unies (ONU) a proposé son aide, mais les discussions avec le gouvernement sont en cours. « Nous sommes prêts à soutenir le peuple vénézuélien dans cette épreuve », a indiqué le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, dans un communiqué.

Des conséquences à long terme redoutées

Les experts redoutent que le séisme n'aggrave la crise humanitaire. « Le pays n'a pas les infrastructures pour faire face à une telle catastrophe », a souligné David Smilde, chercheur à l'Université de Tulane. « Les hôpitaux manquent de médicaments, les routes sont en mauvais état et le réseau électrique est fragile. »

Des répliques sont encore attendues dans les jours à venir, selon l'USGS. La population, déjà éprouvée, craint le pire. « Nous avons besoin d'aide, et vite », a lancé María López. « Nous ne pouvons pas survivre à un autre désastre. »

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