35 jours de pluie consécutifs : la France bat un record historique de précipitations
Record historique : 35 jours de pluie consécutifs en France

Un record historique de pluie en France

Depuis plusieurs semaines, le quotidien des Français est marqué par le son incessant des gouttes d'eau frappant les toits. Les fenêtres offrent un spectacle monotone de précipitations plus ou moins abondantes, rendant le parapluie indispensable à chaque sortie. Ce mercredi 28 février, Météo-France a officialisé une donnée alarmante : avec 35 jours de pluie consécutifs, la France enregistre sa plus longue série de précipitations depuis le début des relevés météorologiques en 1959.

Une série qui pourrait s'allonger

Cette série exceptionnelle s'étend du 14 janvier au 17 février, mais les prévisions météorologiques laissent craindre une prolongation. L'arrivée imminente de la tempête Pedro menace en effet de « réalimenter » ou de « maintenir » les crues actuelles sur le territoire, selon les alertes de l'institut météorologique. Quatre départements – la Charente-Maritime, la Gironde, le Lot-et-Garonne et le Maine-et-Loire – ont d'ores et déjà été placés en vigilance rouge crue pour la journée de jeudi.

Le bulletin météorologique annonce des conditions encore très perturbées : pluies soutenues, vents violents, chutes de neige, vagues importantes et poursuite des crues sur la moitié ouest du pays, sans oublier un risque d'avalanches élevé. Les journées de mercredi et jeudi s'annoncent particulièrement agitées avec le passage de la tempête Pedro.

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L'Europe entière touchée

La France n'est pas isolée dans cette situation météorologique difficile. Nos voisins européens subissent également des conditions extrêmes. Début février, l'Andalousie, dans le sud de l'Espagne, a été violemment frappée par la dépression Leonardo puis par une nouvelle tempête baptisée « Marta ».

Le Portugal connaît depuis plusieurs semaines des épisodes climatiques intenses, avec son deuxième mois de janvier le plus pluvieux depuis l'an 2000 selon l'Institut portugais de la mer et de l'atmosphère (IPMA). Plus au nord, le Royaume-Uni enchaîne les épisodes pluvieux exceptionnels en raison d'une dépression persistante au-dessus des îles Britanniques.

Certaines régions britanniques n'ont pas connu de jour sans pluie depuis le début de l'année. La ville d'Exeter, dans le sud-ouest de l'Angleterre, a ainsi enregistré des précipitations quotidiennes depuis le 1er janvier. Le comté du Devon a subi pas moins de 41 jours consécutifs de crachin et d'averses jusqu'au 11 février. L'Irlande du Nord, quant à elle, a connu son mois de janvier le plus humide depuis 149 ans.

L'impact psychologique de la grisaille

Au-delà des risques matériels de crues et d'inondations, ces conditions météorologiques prolongées ont des conséquences psychologiques significatives. La succession de journées pluvieuses entraîne chez de nombreuses personnes une baisse de moral, de la tristesse, de la nervosité et une fatigue généralisée.

« Les journées sont longues et moroses, on est fatigués et las », témoigne Élodie, 33 ans, résidant en banlieue toulousaine. « Même si c'est une légende qu'il ne pleut jamais à Toulouse, depuis début janvier on se croirait en Normandie. C'est l'hiver, les jours sont déjà courts et en plus, on a l'impression que le jour ne se lève jamais quand le ciel est constamment plombé. »

Clément, étudiant parisien de 23 ans, évoque quant à lui un « blues physique » : « Je me sens plus mou, avec moins l'envie de bouger. J'ai un peu l'impression que l'abondance de pluie, ou surtout l'absence de soleil, ne me donne pas envie de sortir parce qu'il va faire froid et sombre. »

La sédentarité encouragée

Cette météo morose favorise la sédentarité, limitant les sorties en plein air et les interactions sociales. Bertrand, libraire de 42 ans vivant à La Ciotat, constate que la pluie l'empêche de pratiquer son activité sportive favorite : la course à pied. « J'ai beaucoup moins d'énergie et il faut admettre que courir sous la pluie, ce n'est pas très agréable », souligne-t-il.

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Or, la pratique régulière d'une activité physique constitue un atout essentiel pour la santé mentale, contribuant à réduire le stress et à améliorer la qualité du sommeil. La limitation de ces activités par les conditions météorologiques représente donc un facteur aggravant pour le bien-être psychologique.

Le trouble affectif saisonnier

Les précipitations répétées de ces dernières semaines s'accompagnent d'une faible exposition à la lumière naturelle. Des études scientifiques publiées dans The Lancet ont démontré que l'intensité de la luminosité diurne influence directement la production de sérotonine, une hormone clé dans la régulation de l'humeur.

« Cette météo limite les activités qui ont des effets antidépresseurs. La couleur de nos émotions s'adapte à celle du ciel », résume Michel Lejoyeux, professeur en psychiatrie à l'université Paris-Cité. « Mais il ne faut pas croire en une fatalité dépressive induite par la météo. On peut se sentir tristes sans être malades pour autant ! »

Un trouble qui concerne une minorité

Si la baisse de moral par temps gris est fréquente, la dépression liée aux changements de saison et à la diminution de la luminosité – connue sous le nom de trouble affectif saisonnier (TAS) – ne touche qu'environ 3% de la population adulte mondiale selon les recherches publiées dans The Lancet.

Ce trouble, identifié dans les années 1980 par des chercheurs comme le psychiatre britannique Norman Rosenthal, se caractérise par quatre éléments principaux : la perte d'envie, la diminution d'énergie, la baisse de l'estime de soi et la présence permanente d'émotions négatives. Pour les personnes véritablement atteintes de TAS, la luminothérapie – exposition régulière à une source de lumière artificielle intense – constitue un traitement efficace.

Des conseils pour surmonter la grisaille

Pour ceux qui sont simplement affectés par la météo morose sans souffrir de TAS, le professeur Michel Lejoyeux recommande de « s'acharner à garder – malgré tout – une activité sportive » et de continuer à voir ses proches « plutôt que de rester des heures seul, sur les réseaux sociaux ».

Ces conseils pratiques visent à maintenir un équilibre psychologique malgré les conditions météorologiques difficiles, rappelant que l'activité physique et les relations sociales restent des piliers essentiels du bien-être mental, même lorsque le ciel demeure obstinément gris.