Un ciel gris qui pèse sur le moral des Français
« Je n’en pluie plus ! » Cette expression humoristique de l’illustratrice L’Agenda d’Agathe résume parfaitement l’état d’esprit de nombreux Français en ce moment. Depuis des semaines, une pluie quasi continue s’abat sur une grande partie du territoire, provoquant un ras-le-bol général et décourageant toute envie de sortir.
Des précipitations exceptionnelles dans plusieurs régions
Si Météo-France indique que les précipitations ont été conformes à la normale à l’échelle nationale cet automne, certaines régions ont connu des excédents significatifs. La Nouvelle-Aquitaine, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est ont ainsi été copieusement arrosées avec un surplus de pluie de 10 à 20%, entraînant de graves inondations dans le Jura, les Alpes et la Drôme.
Records absolus en Bretagne et dans le Roussillon
Après un début d’année 2026 marqué par une vague de froid intense, c’est désormais la pluie qui domine quotidiennement. Le mois de janvier a été particulièrement pluvieux avec un excédent pluviométrique de 30% au niveau national. Alors que le nord-est a été relativement épargné, la Bretagne et tout le pourtour méditerranéen ont subi des précipitations très abondantes.
En Bretagne, où la pluie fait pourtant partie du paysage, il a plu deux jours sur trois en janvier, et cette tendance se poursuit en février. « On a même battu des records absolus de précipitations dans certaines stations comme à Quimper ou Sizun », confirme Steven Tual du site Temps Breton, qualifiant ce mois de janvier d’« exceptionnellement pluvieux ».
Dans le Roussillon et en Corse, il a également plu un jour sur deux avec des cumuls atteignant 3 à 4 fois la normale mensuelle. Des records sont tombés à Narbonne dans l’Aude et à Siran dans l’Hérault, soulignant l’intensité inhabituelle de ces épisodes pluvieux.
Le courant-jet, responsable de cette situation météorologique
La France n’est pas le seul pays affecté par cette overdose pluvieuse. Ces derniers jours, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et même le Maroc ont été touchés par des pluies torrentielles accompagnées de plusieurs tempêtes successives. Cette situation s’explique par la position du courant-jet, souvent surnommé « le rail des dépressions ».
« C’est un courant qui circule à 11 kilomètres d’altitude et qui sépare les masses d’air froides et chaudes de l’hémisphère nord », précise Steven Tual. Normalement positionné entre les îles britanniques et la France en cette saison, le courant-jet s’est cette année décalé bien plus au sud, circulant au niveau de l’Espagne et provoquant des trombes d’eau sur le sud de l’Europe.
Ce puissant courant remonte actuellement vers la France, entraînant dans son sillage la tempête Nils qui devrait toucher le pays dans la nuit de mercredi à jeudi, aggravant encore la situation.
Pas d’amélioration avant la mi-février
Les prochaines heures s’annoncent difficiles avec des pluies très abondantes attendues sur de nombreuses régions. Les sols étant déjà saturés d’eau, des crues et inondations sont à prévoir dans les jours à venir. « Elles pourraient toucher un bon tiers du pays », alerte le météorologue breton, qui appelle à la vigilance le long de la Loire et de la Garonne.
Malheureusement, cette situation pluvieuse devrait persister « au moins jusqu’au 20 février », selon Steven Tual. Pour la fin du mois, les prévisions restent incertaines, mais La Chaîne Météo évoque un possible retour d’un flux de sud qui pourrait amener des conditions plus calmes et sèches, particulièrement dans le sud du pays. En attendant, les Français n’ont qu’une envie : voir enfin arriver le printemps.