« Fanny Ardant, naissance d’une passion » : William Karel plonge dans l’amour fou avec Truffaut
Ce soir, Arte diffuse un documentaire captivant intitulé « Fanny Ardant, naissance d’une passion », réalisé par William Karel. Ce photographe de plateau, qui a travaillé sur deux films de François Truffaut, ressuscite avec émotion la naissance de l’amour entre l’actrice et le célèbre réalisateur. Une œuvre qui promet de dévoiler des aspects intimes et méconnus de cette relation artistique et sentimentale.
Une actrice au destin hors norme
Fanny Ardant a toujours refusé la monotonie, préférant épicer sa vie avec fantaisie et exaltation. Fille d’un officier de cavalerie et conseiller du prince Rainier de Monaco, elle a été élevée dans l’indépendance d’esprit. Adolescente, cette grande jeune femme au phrasé singulier déclinait les invitations à danser, y voyant de la pitié. Après des études à Sciences-Po, elle tente sa chance à Londres, se présentant comme Bunny girl au club Playboy, où on la renvoie avec un cinglant « Vous vous êtes vue ? ». Elle y devient finalement « grouillot » de nuit, avant de se tourner vers le théâtre.
Ses débuts à la radio sont tumultueux, les auditeurs protestant : « Sortez cette fille de la radio ». Pourtant, Nina Companeez lui offre le rôle des « Dames de la côte » sans même un bout d’essai. Et François Truffaut lui écrit ces mots touchants : « Désormais, rester le samedi soir devant sa télévision est une joie. »
La naissance d’un amour sans compromis
William Karel, photographe sur les films « La Femme d’à côté » et « Vivement dimanche », explore la relation passionnelle entre Ardant et Truffaut. Leur amour naît sans domicile conjugal ni bague au doigt, dans une liberté totale. Trois ans plus tard, Truffaut s’éteint, laissant l’actrice endeuillée. Elle déclare avec force : « Les gens qu’on aime ne meurent jamais, on peut les appeler », en référence à son film préféré, « L’Aventure de Madame Muir » de Mankiewicz.
Le documentaire inclut des images tournées à Venise, où le couple s’était promis de se rendre ensemble. Ardant y vogue sur un motoscafo, les yeux fermés, dans une scène poignante. Mais le plus saisissant reste les rushes exhumés d’un projet de documentaire abandonné, où l’actrice, grande amoureuse du mensonge, s’invente un père accessoiriste, prétend être le bébé du « Potemkine » d’Eisenstein, et apparaît dans un plan falsifié de Fritz Lang.
Une philosophie de vie intense
Fanny Ardant résume sa vision : « J’ai toujours pensé la même chose : on n’a qu’une vie, il ne faut pas aimer, pleurer, vouloir mourir à moitié. Je veux l’intensité. » Face au chaos inéluctable, elle choisit de vivre comme sur un ring, avec passion et audace.
Ce documentaire de 52 minutes, disponible à la demande sur Arte.tv, offre un regard unique sur une icône du cinéma français et son histoire d’amour légendaire. Ne manquez pas cette diffusion exceptionnelle ce mercredi 11 février à 22h50 sur Arte.