Népal-Chine : 472 morts, 1 400 disparus, risque de nouvelle crue
Népal-Chine : 472 morts, 1 400 disparus, risque de crue

La gigantesque coulée de boue qui a frappé la frontière entre le Népal et la Chine a fait au moins 472 morts et plus de 1 400 disparus, selon les bilans officiels publiés vendredi 28 août 2026. Les opérations de secours sont suspendues côté chinois en raison de la menace d'une vaste retenue d'eau en surplomb de la zone sinistrée.

La Chine suspend les secours face à la menace d'une rupture de lac

Vendredi à la mi-journée, la Chine a annoncé la suspension des secours au cœur de la zone touchée. Un journaliste de la télévision d'État CCTV présent sur place a indiqué que « l'eau a commencé à déborder et à s'écouler » de la retenue en direction du poste-frontière de Gyirong, principal secteur affecté. « Toutes les équipes de secours ont donc reçu l'ordre de ne pas bouger et d'attendre de nouvelles instructions », a-t-il précisé.

Pékin avait signalé dans la nuit de jeudi à vendredi un « risque élevé » de rupture du lac formé à la suite de l'énorme mer de boue qui s'est libérée mercredi des deux côtés de la frontière, dans cette région de l'Himalaya prisée des touristes du monde entier. Selon l'agence Chine Nouvelle, la retenue d'eau pourrait atteindre trois millions de mètres cubes dans les trois prochains jours en raison de pluies continues. Elle « présente un risque élevé de rupture et de débordement, pouvant entraîner une crue importante en aval », a ajouté cette source.

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Un bilan humain lourd et des disparus de nombreuses nationalités

Le puissant mur d'eau et de boue a balayé mercredi matin une région frontalière entre le Népal et le Tibet en territoire chinois, détruisant des villages entiers. La police locale dénombre 469 morts côté népalais et 3 autres dans le territoire chinois voisin du Tibet. Les disparus sont au nombre de 910 côté népalais, dont des ressortissants indiens, ukrainiens, malaisiens, britanniques, canadiens ou australiens, selon le bureau du tourisme népalais. Côté chinois, les médias d'État ont rapporté jeudi que 558 personnes, dont 260 étrangers, étaient toujours portées disparues après le passage des « torrents de boue » qui ont enseveli Gyirong Port. Ils ont également précisé que 555 touristes bloqués avaient été évacués de la zone, ainsi que 499 résidents.

Cette catastrophe est la plus meurtrière au Népal depuis le tremblement de terre de 2015, qui avait fait environ 9 000 morts. Les précédentes crues d'ampleur au Népal remontent à 1993, avec plus de 1 300 morts recensés à l'époque.

Les secours s'organisent entre Népal et Chine

Près de 700 pompiers, soutenus par des drones et des chiens de recherche, ont été déployés autour de Gyirong, selon les autorités chinoises. Au Népal, l'armée a annoncé avoir envoyé deux hélicoptères pour aider à évacuer une centaine d'ouvriers coincés dans le tunnel d'un chantier. Les services du Premier ministre népalais ont précisé que 350 ouvriers et habitants du secteur avaient déjà été évacués de cet endroit par l'armée « dans des conditions très risquées et rendues difficiles par les conditions météo et la crue ».

« Notre priorité reste la recherche et le sauvetage des personnes », a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'armée Raja Ram Basnet, avant d'ajouter que « des centres d'accueil (pour les sinistrés) ont été mis en place ». Dès jeudi, le gouvernement népalais a multiplié les mises en garde contre une possible deuxième crue à cause du lac formé par l'effondrement du glacier qui semble à l'origine de la catastrophe. « À cause du risque de nouvelle inondation, toutes les populations en aval sont priées de rester extrêmement vigilantes », a recommandé l'autorité de gestion des situations d'urgence.

Une catastrophe liée au changement climatique

Selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS), la vague a été causée par l'effondrement d'une partie d'un glacier, d'une violence telle qu'il a été enregistré comme un séisme de magnitude 5,2 et a causé de nombreux glissements de terrain. Au Népal, elle a balayé la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot, au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l'est de la capitale.

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L'aide internationale, sous forme de secouristes, de matériel médical, de nourriture ou encore de sacs mortuaires, s'organise mais reste limitée au vu de l'ampleur de la catastrophe. Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson d'été (juin-septembre) au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud. Selon les scientifiques, le changement climatique accroît l'intensité et la fréquence de tels événements.