Trois jours après la crue catastrophique survenue mercredi, les secouristes redoublent d'efforts ce samedi 29 août 2026 pour rechercher quelque 2.500 disparus et évacuer les rescapés bloqués à la frontière entre le Népal et la Chine. Le bilan provisoire fait état d'au moins 633 morts, dont 626 au Népal selon l'autorité en charge des situations d'urgence, et sept côté chinois. Sept autres corps ont été repêchés très loin en aval, en Inde, sans que leur provenance soit confirmée.
Un bilan qui s'alourdit et des disparus nombreux
Le nombre de disparus a bondi samedi de 1.924 à 2.426 au Népal, selon la même source, dont 933 employés de centrales hydroélectriques. Sur ce total, 517 sont des étrangers. En Chine, 554 personnes manquent également à l'appel, dont 260 étrangers. Selon la Croix-Rouge, jusqu'à 93.000 personnes pourraient avoir été affectées par cette catastrophe.
L'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) a expliqué que ce cataclysme avait été provoqué par l'effondrement d'un glacier, déclenchant une vaste coulée de débris glacés qui a tout ravagé sur son passage. « Toutes les habitations près de la rivière ont été emportées. Il ne reste plus rien », témoigne Buddhi Ram Dangol, un rescapé rencontré côté népalais.
Des opérations de secours sous tension
Alors que les chances de retrouver des survivants diminuent, les secouristes tentent d'atteindre les zones touchées, où les dégâts compliquent les livraisons de vivres et d'eau. Le tout sous le risque de nouvelles inondations. Ce déluge de glace et de boue a entraîné la formation d'immenses lacs qui risquent de déborder ou céder, dont l'un constitue une menace directe pour les secouristes. Vendredi, les opérations de secours avaient été perturbées aussi bien du côté népalais que chinois en raison d'alertes liées à de possibles coulées, levées par la suite.
À la frontière, l'armée népalaise a localisé des rescapés piégés dans le tunnel de la centrale hydroélectrique de Trishuli 3A, et cherche à les extraire. « Deux hélicoptères ont été déployés, mais c'est difficile car il est compliqué de trouver les entrées du tunnel », a indiqué à l'AFP Raja Ram Basnet, porte-parole de l'armée. Environ 350 employés du site et riverains ont été emmenés en sécurité, a-t-il ajouté, mais plus d'une centaine sont toujours bloqués.
Des témoignages poignants et des secours au Tibet
Des travailleurs évacués d'autres barrages de la vallée du Trishuli insistent sur la vitesse terrifiante de ce désastre. Buddhan Tamang affirme qu'il n'a survécu que parce qu'il se trouvait à l'intérieur d'un tunnel quand les eaux se sont déchaînées. « Les responsables qui travaillaient de l'autre côté ont tous été emportés », relate à l'AFP cet homme secouru par hélicoptère jeudi, après 24 heures.
De l'autre côté de la frontière, au Tibet, les secours sont compliqués par la pluie, la coupure des routes d'accès, le relief escarpé et le risque de débordement d'une retenue d'eau en surplomb. Selon Chine nouvelle, un peu plus de 500 secouristes — sur un total de 2.141 à présent sur place — ont pu accéder, non sans d'importantes difficultés, au centre de la zone sinistrée, près du poste-frontière dévasté de Gyirong, situé à 1.830 mètres d'altitude aux portes du Népal.
Une région touristique et un risque climatique accru
Alors que la zone est inaccessible aux journalistes étrangers, la télévision publique CCTV a diffusé des images de pompiers casqués traversant un torrent à l'aide de bateaux pneumatiques noirs, ou hélitreuillés un par un vers l'autre rive à l'aide d'un puissant drone. La chaîne a aussi montré des pelleteuses et bulldozers tentant de rouvrir des voies d'accès, ainsi que des secouristes aux côtés de groupes électrogènes et d'antennes de télécommunication provisoires, en train d'établir une stratégie de progression.
Située dans le massif de l'Himalaya, la région du Népal qui a subi cette tragédie attire en temps ordinaire randonneurs et alpinistes du monde entier. C'est aussi un lieu de pèlerinage pour les hindous et les bouddhistes tibétains. Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson — entre juin et septembre — au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud. Selon les scientifiques, le changement climatique accroît leur intensité et leur fréquence, ce qui laisse craindre des catastrophes similaires à l'avenir.



